Selon les scientifiques, 780 millions de litres de brut, soit 4,9 millions de barils, se sont échappés du puits à l'origine de la marée noire dans le golfe du Mexique.
800.000 barils ont été récupérés, ont annoncé lundi (2 août) les autorités américaines.
"Une partie de ce pétrole et de ce gaz ne s'est pas déversée dans l'océan : les activités d'endiguement menées par BP et dirigées par les Etats-Unis ont permis de capter environ 800.000 barils de pétrole" avant que l'entonnoir ne soit placé sur le puits, mi-juillet.
Une petite comparaison ?
41 millions de litres de brut s'étaient déversés sur le littoral d'Alaska lors de la marée noire provoquée par l'Exxon Valdez en 1989. Le chiffre de 4,9 millions de barils s'inscrit dans le haut de la fourchette précédemment annoncée par les autorités américaines, qui estimaient qu'entre 3 et 5,3 millions de barils s'étaient échappés du puits entre le 20 avril, date de l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon exploitée par BP, et la pose d'un entonnoir le 15 juillet.
L'opération pour enfin tourner la page
Cette annonce intervient alors que BP s'apprête à cimenter le puits à l'origine de la pire marée noire aux Etats-Unis. "Aujourd'hui (lundi), nous allons effectuer les tests d'injection, nous allons évaluer les résultats, et faire les ajustements nécessaires" a dit le vice-président de BP Kent Wells. "Puis nous effectuerons le static kill, cela prendra peut-être toute la journée de mardi. Cela pourrait se poursuivre mercredi" a-t-il ajouté.
Encore une contrariété pour BP ?
Les équipes ont en effet découvert lundi en fin de journée une petite fuite hydraulique au niveau du couvercle du puits qui pourrait contrarier BP et retarder l'opération "static kill". Aux dernières nouvelles, l'opération, qui consiste à injecter des liquides et des matières solides puis à cimenter le puits endommagé, était toujours prévue... mardi.
Un succès pourrait permettre aux équipes du groupe britannique de sceller le puits. Après on tourne la page ? Pas vraiment ! Selon BP, la phase finale de l'opération, dite "bottom kill", consistant à injecter un mélange d'eau et de matières solides puis du ciment via le puits de secours, pourrait commencer entre le 11 et le 15 août.
Ensuite, il faudra s'occuper des conséquences écologiques mais aussi financières de cette marée noire survenue après l'explosion (le 20 avril) puis le naufrage (le 22 avril) de la plateforme Deepwater Horizon, exploitée par BP.
Les dispersants utilisés : danger ou pas danger
Aux Etats-Unis, les conséquences écologiques à long terme de la catastrophe préoccupent, notamment après la publication par le Congrès de documents portant sur le recours aux dispersants.
Edward Markey, président démocrate d'une sous-commission sur l'Environnement à la Chambre des représentants, a dénoncé lundi le fait que ces produits chimiques aient été utilisés en quantité plus importante qu'autorisé et "quasiment quotidiennement" alors que les autorités recommandaient un usage limité. Selon BP et les autorités américaines, près de 7 millions de litres de ces dispersants ont été utilisés.
L'Agence américaine de protection de l'environnement veut rassurer en indiquant que le mélange chimique de dispersants et de pétrole n'est pas plus toxique que le pétrole lui-même. Après avoir mené des tests sur les huit sortes de dispersants utilisés dans le Golfe, l'Agence a indiqué lundi que ce mélange ne s'était avéré "généralement pas plus toxique pour les espèces (animales) testées que le pétrole lui-même".
Une étude qui pourrait permettre d'évaluer les dégâts
Une étude scientifique de la faune marine dans le golfe du Mexique, effectuée avant cette catastrophe, pourrait permettre d'évaluer les dégâts et l'impact dus à la marée noire.
En ce qui concerne la biodiversité, la région du golfe du Mexique est une des plus riches : plus de 15.000 espèces marines dont certaines sont menacées voire très menacées par la surpêche, la destruction de l'habitat, le changement climatique ou encore la pollution.
Dans la zone polluée par la marée noire, la pire de l'histoire des Etats-Unis, les scientifiques ont relevé 8.332 espèces. Mais les millions de litres de brut qui se sont répandus dans le golfe risquent de menacer certaines de ces espèces qui nidifient dans la zone de l'exploitation pétrolière.
Selon l'expert Jesse Ausubel, le golfe du Mexique est le berceau de la nidification du thon rouge en mars-avril. Une des craintes est que les oeufs de ces poissons ne soient englués de pétrole et ne trouvent plus assez d'oxygène pour se développer
Le saviez-vous ?
Le golfe du Mexique, qui s'étend sur 1,5 million de km2 du delta du Mississippi à la péninsule du Yucatan au Mexique et est à l'origine de la formation d'un des plus puissants courants des océans, le Gulf Stream, compte 15.419 espèces marines dont 11.150 animaux.
Dans ces eaux qui peuvent aller jusqu'à 3.800 mètres de profondeur, les espèces de crustacés sont les plus nombreuses (2.579), suivies par les mollusques (2.455) et les poissons (1.541).