BP, qui exploitait la plateforme «Deepwater Horizon», qui a pris feu avant d'exploser et de faire naufrage le 22 avril dernier, sera en mesure de récupérer 28.000 barils de pétrole par jour en début de semaine prochaine, selon l'amiral Thad Allen, le commandant des garde-côtes.
Cette quantité de pétrole sera récupérée dès que la plateforme flottante déployée au-dessus de la fuite, appelée Q4000, sera complètement opérationnelle.
BP récupère 25.000 barils (4 millions de litres) de pétrole par jour échappés de la fuite dans le golfe du Mexique, contre 15.000 barils jusqu'à présent, a annoncé vendredi (18 juin) Thad Allen. A l'heure actuelle, la fuite, qui provoque une marée noire, déverse entre 35.000 et 60.000 barils (jusqu'à 9,5 millions de litres) de pétrole chaque jour.
Où en est le forage de puits pour stopper la fuite de pétrole ?
Le forage des puits de dérivation, qui devraient stopper la fuite de pétrole dans le golfe du Mexique, avance plus vite que prévu et pourrait être terminé avant mi-août, a indiqué Thad Allen. Le groupe britannique a entrepris le forage de deux puits de dérivation pour stopper définitivement le flux de pétrole. Les autres solutions mises en œuvre par BP n'ont pour l'instant que permis de limiter l'écoulement.
L'interdiction de la zone de pêche étendue
Selon les autorités, la marée noire s'étend toujours en dépit de toutes les tentatives -souvent vaines- de BP pour colmater le puits.
La zone interdite de pêche dans le golfe du Mexique a encore été légèrement étendue mercredi et concerne désormais un peu plus du tiers des eaux fédérales américaines du golfe, a annoncé l'Agence maritime fédérale NOAA.
Des digues de sable aménagées
Pour empêcher le pétrole d'entrer dans les marais les plus fragiles et les plus difficiles à nettoyer de l'Etat, des digues de sable, d'une longueur totale d'environ 75 kilomètres de long et d'une hauteur de 6 pieds (environ 1,8 mètre), seront construites. Elles seront aménagées à l'entrée des marais situés au sud de La Nouvelle-Orléans, entre l'île d'East Grand Terre et Sandy Point, au niveau d'une barrière d'îles proches du delta du Mississippi, a précisé Boskalis. Le groupe y a déjà déployé mercredi un bateau équipé d'une drague à succion.
Le saviez-vous ?
Concernant l'aménagement de ces digues de sable, le groupe néerlandais d'aménagement portuaire Boskalis Westminster a décidé de prêter main forte aux Américains qui font face à la pire marée noire de leur histoire.
Il va en effet fournir du sable pour des digues afin de protéger la côte de Louisiane du pétrole qui se déverse de la plateforme Deepwater Horizon" a déclaré le groupe.
20 milliards de dollars versés aux victimes
Les dirigeants de BP, convoqués à la Maison Blanche, ont accepté de mettre 20 milliards de dollars de côté pour indemniser les victimes de la marée noire.
"Je suis heureux d'annoncer que BP est d'accord pour mettre 20 milliards de dollars de côté afin de satisfaire les demandes de dédommagements à la suite de cette pollution" a déclaré le président américain Barack Obama.
"Ces 20 milliards de dollars vont permettre que les demandes d'indemnisations des habitants et des entreprises soient honorées. (...) Les gens du golfe (du Mexique) ont ma parole. BP remplira ses obligations à leur égard" a affirmé le président. BP va également mettre en place un fonds de 100 millions de dollars en faveur des ouvriers du secteur du pétrole licenciés à la suite de la marée noire, a indiqué le président.
Une succession de défaillances "sans précédent »
Le directeur général de BP, Tony Hayward, a reconnu jeudi (17 juin) que la marée noire est le résultat d'une succession de défaillances "sans précédent". "La vérité, cependant, est qu'il s'agit d'un accident complexe, causé par une combinaison de défaillances sans précédent. Plusieurs entreprises sont impliquées, dont BP, et il est tout simplement encore trop tôt pour identifier la cause" ajoute-t-il.
Le directeur général du groupe britannique explique qu'une enquête interne de BP s'est concentrée sur les défaillances de sept mécanismes cruciaux de sécurité. Ces systèmes "auraient dû empêcher cet accident ou limiter l'impact de la fuite".
Parmi les mécanismes cités figurent le coffrage du puits, les tests de pression visant à vérifier que le puits est bien fermé, les procédures pour détecter et contrôler les hydrocarbures dans le puits ou l'utilisation et la maintenance de valves de sécurité. "L'explosion et l'incendie à bord de la plateforme et la marée noire qui a suivi dans le golfe du Mexique n'auraient jamais dû arriver et j'en suis profondément désolé" déclare le responsable de BP.
Le directeur général du géant pétrolier a déclaré : "Nous n'aurons pas de repos tant que le puits ne sera pas sous contrôle et nous remplirons nos obligations de nettoyer la marée noire et de répondre à ses conséquences écologiques et économiques". BP aurait déjà déboursé plus de 90 millions de dollars à ce jour pour répondre à 56.000 plaintes, provenant essentiellement de particuliers, et que le groupe prévoyait de verser cette semaine 16 millions de dollars à des entreprises touchées par la catastrophe.
Des propositions d'aide venues de 22 pays
Vingt-deux pays ont proposé leur aide mais certaines sont encore "en phase d'examen". La proposition française de fournir des dispersants aux Etats-Unis a été déclinée d'emblée, l'utilisation du type de produits chimiques offert étant interdite aux Etats-Unis, a indiqué le département d'Etat jeudi. Des barrages flottants ou encore des bateaux pour récupérer le pétrole ont été acceptés.
Les 22 pays sont : la Belgique, la Grande-Bretagne, le Canada, la Chine, la Croatie, la France, l'Allemagne, l'Irlande, le Japon, le Kenya, le Mexique, les Pays-Bas, le Qatar, la Norvège, la Roumanie, la Russie, la Corée du Sud, l'Espagne, la Suède, la Tunisie, les Emirats Arabes Unis et le Vietnam.
Des sénateurs bientôt convoqués par M. Obama
Le président américain Barack Obama a convoqué mercredi prochain un groupe de sénateurs pour parler d'un projet de loi sur l'énergie afin de réduire la dépendance envers le pétrole après la marée noire du Golfe du Mexique.