A l'approche d'une tempête de neige, les habitants des plaines du nord des Etats-Unis, déjà sinistrées par des inondations historiques, redoutaient, hier, que le fleuve, gonflé par la fonte des neiges, ne balaye les digues de fortune et se déverse sur les maisons.

Des conditions météorologiques exceptionnelles
Les Etats du Dakota du Nord et du Minnesota ont été placés en état de catastrophe naturelle, après la crue sans précédent (en 112 ans) de la Red River, gonflée par les chutes de neige des derniers mois.
En dépit des digues construites à grand peine par les bénévoles, ce fleuve, qui trace la frontière entre les deux Etats menace encore de déverser ses flots dans la vallée de Fargo (92.000 habitants), et à Moorhead (35.000 personnes).
Une tempête de neige accompagnée de vents forts, qui pourrait souffler jusqu'à ce soir, avec des vents soufflant entre 40 et 72 km/h, risque d'aggraver la situation, en provoquant des vagues susceptibles de faire sauter les digues.
Dimanche, le niveau du fleuve était stable à 12,21 m, soit au niveau du record de 1897 mais en deçà de la cote de samedi à 12,4 m. La plus haute digue de Fargo mesure 12,59 m. de haut.
Les autorités ont averti que le fleuve en furie n'avait pas encore dit son dernier mot.

Déjà de nombreux dégâts
A Fargo (Dakota du Nord), une digue protégeant une école a rompu tôt hier. « Ce genre de choses va continuer, je vous le garantis », déclare le maire de la ville, Dennis Walaker, appelant « à rester vigilants ».
Les autorités craignent que 30.000 personnes se retrouvent sans abri. Des milliers de personnes ont déjà quitté leurs maisons, tandis que des hôpitaux, des cliniques et des établissements scolaires ont été évacués.
Par endroits, l'eau atteindrait les maisons à hauteur du 2e étage.
Inlassablement, les bénévoles s'évertuaient à entasser des sacs de sable pour renforcer les digues, tandis que des patrouilles militaires tentaient de colmater les brèches.
Par le passé, des responsables de Fargo avaient réclamé 800 millions de dollars pour ériger des digues permanentes le long du fleuve. « Je suis sûr que nous allons avoir des millions de dollars de dégâts avec seulement ces digues (temporaires) », soutient le maire adjoint, Tim Mahoney, qui rajoute : « allez voir dehors c'est une zone de guerre ».