Il y a une semaine, des pluies torrentielles suivies d'inondations et de coulées de boue, s'abattaient sur le sud-est de la France, faisant 25 morts et trois disparus dans le Var, selon le préfet de ce département Hugues Parant.
Ce dernier a annoncé la mise en place d'un dispositif spécial, baptisé Dracénie 2010, qui aura cinq missions principales : l'aide aux populations, le soutien aux activités économiques, les équipements et les infrastructures, le soutien aux collectivités territoriales et la communication.
Le rétablissement des réseaux d'électricité, téléphoniques, d'eau potable, d'internet et des routes est quasi général. Concernant le ramassage de plus de 3.000 ovins, victimes des flots et dont les cadavres se retrouvent jusque dans les arbres des massifs forestiers, il n'est pas encore terminé.
Une nouvelle cartographie des zones dites dangereuses
Suite à cette catastrophe, l'Etat a pris la décision suivante : réaliser une nouvelle cartographie des "zones très dangereuses" en France qui sera prête en principe à partir de 2011. Grâce à cette nouvelle cartographie, les personnes intéressées ne pourront plus construire en zone dite inondable et devront prendre en compte de nouveaux risques comme ceux liés au changement climatique, a déclaré mardi la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno sur Radio Classique.
Il faut y intégrer certains risques
"On a déjà des plans de prévention mais ils ont un défaut qui n'est pas négligeable, c'est qu'ils sous-estiment le risque" a-t-elle ajouté.
Ces plans de prévention des risques "ont été un peu trop négociés sur le terrain, et puis surtout, on n'a pas intégré certains risques, les changements climatiques qui font que par exemple en bord de mer, il va y avoir une élévation du niveau de l'eau" a-t-elle poursuivi.
Elle a également souhaité intégrer le "risque de ruissellement". "C'est ce qui s'est passé à Draguignan, c'est-à-dire une montée extrêmement rapide des eaux (...) avec des phénomènes de ruissellement", précipitations qui ne s'inflitrent pas dans le sol, a-t-elle encore dit.
Plus de nouvelles constructions dans les zones jugées dangereuses
Nicolas Sarkozy a répété lundi à Draguignan que l'Etat interdirait, sans aucune exception, toute nouvelle construction d'habitations dans les zones jugées dangereuses.
"Tant que je serai président de la République, personne ne construira dans une zone reconnue comme dangereuse (...) Si la zone est dangereuse, au nom de l'Etat nous interdirons les constructions" a-t-il déclaré. Cette règle ne souffrira "aucune exception".
"Je comprends les souffrances, je comprends les problèmes de commodités mais c'est un problème de vie ou de mort" a-t-il estimé.
"Cela fait trop longtemps que, dans notre pays, on prend avec l'application des règles un certain nombre de libertés et, quand il y a une catastrophe, on demande des comptes".
"Pour le passé, nous allons voir. On peut conforter un certain nombre de situations" a-t-il concédé en évoquant les habitations déjà construites dans ces zones dangereuses, "mais c'est une politique qui s'appliquera sans faiblesse".
Le chef de l'Etat a promis que les 3.500 plans de prévention des risques (PPR) toujours en attente de validation (sur un total de 10.000) le seraient sans faute "dans les trois ans".
Concernant la prévention, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il envisageait de modifier la procédure d'alerte par couleur utilisée par Météo-France pour permettre de classer en "rouge" (risque maximum) certaines communes sans avoir à classer l'ensemble du département.
Office œcuménique en mémoire des victimes
Une cérémonie œcuménique s'est déroulée lundi soir en mémoire des victimes des inondations meurtrières du Var, dans une église Saint Michel de Draguignan en présence du président Nicolas Sarkozy.
L'arrêté de catastrophe naturelle publié au Journal officiel L'arrêté de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle dans neuf cantons de la région de Draguignan (Var) a été publié mardi (22 juin) au Journal officiel. Les cantons concernés sont Callas, Draguignan, Fayence, Fréjus, Le Luc, Lorgues, Le Muy, Besse, Cotignac. Il concerne l'ensemble des communes des cantons de l'arrondissement de Draguignan et celles des cantons de Besse et de Cotignac de l'arrondissement de Brignoles, précise l'arrêté.
"L'état de catastrophe naturelle est constaté pour les dommages causés par les événements naturels d'intensité anormale non assurables (inondations et coulées de boue) qui ne relèvent pas de la garantie tempête, ouragans, cyclones prévue par le code des assurances" précise le texte.
L'état de catastrophe naturelle, constaté par arrêté, peut activer la garantie des assurés contre les effets des catastrophes naturelles sur les biens faisant l'objet des contrats d'assurance visés au code des assurances.
Cette garantie est activée "lorsque les dommages matériels directs qui en résultent (des catastrophes, ndlr) ont eu pour cause déterminante l'effet de cet agent naturel et que les mesures habituelles à prendre pour prévenir ces dommages n'ont pu empêcher leur survenance ou n'ont pu être prises".