Le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu a affirmé jeudi dans un entretien accordé au journal le Parisien : "Dans l'immédiat, aucune maison ne sera rasée sous la contrainte".
Après le passage dévastateur et meurtrier de la tempête en Vendée et Charente-Maritime (53 morts le 28 février), l'Etat avait défini des "zones noires" où quelque 1.500 logements étaient destinés à être rasés.
"Ce n'est pas un changement de pied"
"Au lendemain du drame, des élus locaux nous demandaient des réponses rapides. Nous avons donc présenté un premier zonage, mais il ne peut en aucun cas être considéré comme des zones de destruction massive" justifie le secrétaire d'Etat. "Une destruction doit être liée à une enquête publique" poursuit-il.
"C'est en vue de cette enquête qu'un nouveau périmètre, certainement ajusté à la baisse, est en train d'être établi" ajoute-t-il. "Cela peut donner le sentiment d'un changement de pied, mais c'était pour clarifier les choses" a rappelé Benoist Apparu.
Des zones noires rebaptisées
La destruction avait été accueillie par une levée de boucliers dans les régions concernées malgré une série de recadrages plus ou moins clairs qui ont laissé une impression de cacophonie.
Les "zones noires" établies au lendemain de la tempête ont ainsi été rebaptisées par le gouvernement "zones de solidarité".
Un zonage critiqué et "absurde"
Le zonage défini après la catastrophe avait été critiqué par des autorités locales et la mission d'information de l'Assemblée nationale sur la tempête Xynthia, qui l'avait qualifié d'"absurde".
Des sinistrés ont attaqué en justice la décision de l'Etat, dénonçant son "arbitraire". Dès la mi-avril, le ministre de l'Environnement, Jean-Louis Borloo, avait expliqué qu'il y avait eu un "malentendu" concernant les zones noires. "Il ne saurait être question de démolition systématique et autoritaire" avait-il écrit dans une lettre aux élus concernés de Vendée et Charente-Maritime.
"Toutes les maisons seront détruites", l'Etat ne l'a jamais dit
Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a assuré jeudi que l'Etat n'avait "jamais dit" que toutes les maisons seraient détruites dans les zones noires à haut risque définies après le passage de la tempête.
"Nous n'avons jamais dit : nous détruirons toutes les maisons dans la zone dite noire". L'Etat a proposé à l'époque dans les zones où il y avait "un danger majeur pour les populations, une procédure exceptionnelle, c'est-à-dire une transaction à l'amiable où l'Etat rachète aux habitants les maisons concernées".
Il a reconnu toutefois qu'"on peut toujours mieux faire en matière de communication, d'explication" et qu'"à l'époque il y avait une tension, les familles étaient très atteintes".