Les bâtiments en France sont dans l'ensemble très mal isolés : fenêtres à simple vitrage ou encore menuiseries laissant passer les courants d'air froid... "Nous sommes en retard sur l'Allemagne en matière de performance énergétique dans le bâtiment mais le Grenelle va provoquer une révolution dans le bâtiment" reconnaît Pierre Hérant, chef du département bâtiment et urbanisme à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. Selon le texte de loi, l'Etat français veut réduire d'au moins 38 % d'ici 2020 les consommations énergétiques du parc existant de bâtiments.
La norme "basse consommation" dès 2012
Concernant les bâtiments neufs, le gouvernement veut imposer dès 2012 la norme "basse consommation" (consommant moins de 50 kWh par an et par m2). En 2020, la norme "énergie positive" (des bâtiments qui consomment moins d'énergie qu'ils n'en produisent à partir d'énergies renouvelables) sera obligatoire.
Concernant les bâtiments déjà bâtis, il n'y a pas de réglementation prévue pour rendre obligatoire des travaux d'isolation. C'est inquiétant quand on sait que les bâtiments déjà existants sont 99 % du parc actuel.
Des incitations financières pour aider les particuliers
Le projet de loi Grenelle 2 prévoit l'obligation d'entreprendre des travaux d'amélioration de la performance énergétique des immeubles de bureaux existants à compter de 2012 dans un délai de huit ans. Des incitations financières (éco-prêt à taux zéro) devraient aider les particuliers à réaliser des travaux de rénovation énergétique de leur logement.
La réglementation impose aussi des seuils de performance énergétique en cas de travaux de rénovation. "On cherche à faire sortir du marché les produits obsolètes, comme les fenêtres à simple vitrage qui ne sont plus réglementaires", explique Pierre Hérant.
Le nucléaire a permis le développement du chauffage électrique
Le nucléaire français est accusé d'avoir permis le développement du chauffage électrique au détriment de l'isolation thermique. "Le système nucléaire, et les surcapacités qu'il a engendrées, a conduit à une perversion : on a développé le chauffage électrique parce qu'EDF avait des kilowattheures à vendre" selon Greenpeace. L'association écologiste appelle la France à investir les 4 milliards du 2e réacteur nucléaire EPR dans l'isolation de l'habitat et dans le développement d'énergies renouvelables.