Et si la récolte de riz était contaminée par le choléra ? C'est la question que se posent actuellement les paysans, a indiqué la FAO, qui a décidé de lancer une campagne de sensibilisation des agriculteurs.
"Beaucoup de paysans évitent de récolter le riz, craignant que les rivières et les canaux qui irriguent les rizières et les champs avoisinants ne soient infectés" note l'Organisation de l'ONU pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO).
"Les agriculteurs craignent d'attraper la maladie en raison de l'eau, mais nos recherches ont montré qu'il n'y a pas de danger à cultiver le riz tant que les règles de base d'hygiène sont suivies" a-t-elle ajouté. Il faut en revanche appliquer les règles sanitaires, à savoir se laver les mains ou faire bouillir l'eau avant utilisation.
Selon la FAO, "des consommateurs rechignent à acheter des produits agricoles provenant des zones directement touchées par le choléra, une circonstance aggravante pour le commerce agricole dans la région".
Depuis le début de l'épidémie à la mi-octobre, le choléra a tué plus de 2.500 personnes dans le pays.
"Sans une réponse opportune aux dégâts causés à l'agriculture haïtienne par les inondations et le choléra, la sécurité alimentaire pourrait se détériorer, ce qui aggraverait les conséquences du tremblement de terre de janvier dernier sur les populations rurales pauvres" note la FAO.
La propagation du choléra a été aggravée par les inondations de novembre 2010, provoquées par l'ouragan Tomas qui a sur son passage endommagé les infrastructures rurales et ravagé 78.000 hectares de champs cultivés. Cette catastrophe a débouché sur une crise sanitaire pour plus de 50.000 familles rurales.