A la suite d'un recensement de la vie marine, 20.000 nouvelles espèces ont été identifiées selon un rapport publié à Londres (Grande-Bretagne).
Il confirme que des espèces sont en voie d'extinction, mais d'autres ont été découvertes ou redécouvertes.
Les experts ont mis en évidence une profusion inattendue d'espèces : ils ont porté de 230.000 à près de 250.000 le nombre de types d'animaux ou de végétaux connus dans les océans. Selon l'étude, "il existe des espèces dans toutes les zones" étudiées, "même là où il y a très peu d'oxygène et de lumière".
Un recensement qui a réservé de nombreuses surprises
Dans les eaux australiennes, "des explorateurs français ont confirmé que la crevette jurassique, que l'on croyait disparue depuis 50 millions d'années, existe toujours". Sur les côtes malgaches, les scientifiques ont découvert l'existence d'une nouvelle espèce de homard géant.
Des créatures ont aussi été mises à jour : un "crabe yéti" aux pinces poilues, un poisson lumineux vivant dans les profondeurs marines pourtant privées de soleil, un calmar de sept mètres de long. Ces experts ont aussi découvert un puffin, oiseau de mer, parcourant 64.000 kilomètres tous les ans.
Les savants ont aussi pu suivre les migrations d'espèces, notamment du thon dans le Pacifique qui se déplace des côtes ouest-américaines au Japon, avant de faire le chemin inverse.
D'autres découvertes moins réjouissantes
Environ 40 % du plancton, à la base de la chaîne alimentaire marine, a disparu au cours des cinquante dernières années et "on peut l'expliquer par le réchauffement des océans qui s'accélère" souligne Boris Worm, professeur de biologie. Dans certaines zones, 99 % des requins ont disparu, s'alarme Paul Snelgrove, professeur au centre canadien des sciences de l'océan.
Un cinquième des océans encore à explorer
Après ce travail qui a réuni 2.700 scientifiques de plus de 80 pays, les experts estiment qu'environ 750.000 espèces restent à découvrir, notamment dans les étendues inexplorées de l'Arctique, de l'Antarctique ou de la partie orientale du Pacifique. En outre, la plus grande partie du plancher marin n'a toujours pas fait l'objet du moindre prélèvement.
Dans un futur plus ou moins lointain, le projet devrait permettre :
de comprendre les menaces auxquelles les océans sont confrontés comme l'acidification provoquée par le réchauffement climatique, de déboucher sur des avancées médicales,
de mieux connaître l'impact de certaines menaces comme la surpêche de la morue et du thon et les différents types de pollution
d'évaluer les conséquences de la marée noire provoquée dans le golfe du Mexique à la suite de l'explosition du puits exploité par la compagnie BP en avril 2010
En 2009, l'examen du golfe du Mexique a permis de recenser 8.332 espèces de poissons ou de mammifères dans la zone touchée par la fuite de pétrole.
La comparaison entre ces chiffres et les données collectées ensuite permettront d'évaluer les dégâts à la faune et à la flore marine.
Cette publication intervient à l'occasion de l'Année internationale de la biodiversité, décrétée par les Nations unies, et à deux semaines du sommet sur la biodiversité de Nagoya au Japon (18-20 octobre).