Pour Alain Juppé, le risque nucléaire est "extrêmement élevé" au Japon où les incidents se multiplient sur plusieurs réacteurs nucléaires depuis le terrible séisme et le puissant tsunami qui se sont produits vendredi dernier dans le nord-est du Japon.
"La situation est extrêmement grave. Nous avons eu hier soir à Paris un entretien avec le ministre japonais (des Affaires étrangères, Takeaki Matsumoto), qui nous a donné toutes les informations dont il dispose. Le risque est donc extrêmement élevé" a déclaré Alain Juppé sur Europe 1.
"Il est inquiet, naturellement" a ajouté le ministre, rappelant que "l'Agence internationale de l'énergie atomique est mobilisée comme le sont les experts" français. "C'est aux Japonais de nous dire comment on peut les aider (...). Le président de la République (Nicolas Sarkozy) souhaite que le G20 en particulier, qui représente l'essentiel des grandes puissances économiques du monde, se mette au service du Japon" a-t-il poursuivi.
Concernant l'opposition en France entre le gouvernement et les écologistes notamment, qui dénoncent le risque encouru dans un pays, Alain Juppé a estimé qu'un "débat" était nécessaire, tout en appelant à la responsabilité.
"Il faut un débat, bien sûr, sur la sûreté nucléaire. Il faut faire son travail avec un maximum de rigueur, mais dire aux Français qu'on va sortir du nucléaire, c'est leur mentir. Dans les 20 ou 30 prochaines années, nous ne sortirons pas complètement du nucléaire" a-t-il affirmé.
"Il faut évidemment faire monter en puissance les énergies renouvelables. C'est ce que nous faisons avec un grand programme d'énergies éoliennes off-shore, en mer, avec le photovoltaïque, qu'on pourrait développer encore plus (...)", a-t-il dit. Mais les énergies renouvelables, a-t-il prévenu, "cela sera au maximum 20 % de nos besoins dans les années qui viennent".
La France compte 58 réacteurs répartis dans 19 centrales.