Selon Alain Ménesguen de l'Ifremer, le ramassage des algues vertes en mer n'est pas une solution. Cette proposition a été faite par la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno après le décès suspect d'un salarié en Bretagne.
Les questions d'Alain Ménesguen
"On a proposé de donner de l'argent public pour ramasser les algues en mer. Il faut savoir que c'est très difficile d'aller dans cette zone, il faut des barges. Et que fait-on : on les ramène sur la plage ?, on les remet en mer ?" s'est interrogé Alain Ménesguen, directeur de recherche à l'Ifremer, qui étudie depuis plus de vingt ans le phénomène des marées vertes en Bretagne. "Faire du ramassage intensif et surtout en mer, cela va augmenter la production d'algues vertes". "Cela ne tranche pas le problème à la source".
Quelle est la solution ?
Selon Alain Ménesguen, le phénomène des marées vertes, apparues à la fin des années 60, ne pourrait être réduit de manière efficace que si l'on diminue "drastiquement" la teneur des eaux en nitrates, issus de l'agriculture et principal responsable car il "alimente" les algues vertes.
"Si on ne descend pas à un niveau inférieur à 10 milligrammes par litre, on ne verra rien" a expliqué Alain Ménesguen, précisant que la moyenne des cours d'eau bretons est située entre 33 et 32 mg/litre.
Il faut diminuer l'azote
"Depuis 1988, je dis que c'est l'azote qu'il faut diminuer et pas le phosphate et, pendant dix ans, je me suis heurté à l'administration (notamment des Côtes d'Armor)", ajoute-t-il. Sans résultat, puisque le phénomène n'a pas été enrayé.
"Il faut tirer les leçons de l'inefficacité des mesures prises antérieurement" selon Pierre Aurousseau, président du Conseil scientifique de l'Environnement de Bretagne et professeur à l'Agrocampus ouest.
Tas d'algues = risques
Celui-ci a été auditionné par la mission interministérielle sur les algues vertes que le gouvernement vient de mettre en place, après la mort d'un cheval fin juillet sur une plage où se trouvaient des algues en décomposition. Sur la toxicité des algues, le médecin au centre antipoison de Rennes, Alain Baert, a expliqué que "tant qu'on laissera des tas d'algues, il y aura un risque pour ceux qui vont les ramasser et les manipuler". Les algues en décomposition dégagent du H2S, hydrogène sulfuré, qui, en forte concentration, s'avère un risque pour l'organisme humain.