La secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Chantal Jouanno, a annoncé dans un entretien publié dans Le Parisien-Dimanche que les autorités tenteront "dès le printemps des opérations de ramassage en mer" des algues vertes polluantes. "Interdire l'accès aux plages n'est pas nécessaire dans la mesure où les algues ne sont pas dangereuses lorsqu'elles sont fraîches. L'urgence est donc de les ramasser" a -t-elle expliqué.
Ces algues reconnues toxiques
D'après un rapport officiel datant du mois d'août, le gaz émis par les algues vertes en décomposition peut être "mortel" en cas de concentration importante. Les mesures réalisées sur le site (...) ont montré ponctuellement que le gaz émis par les sédiments contenant notamment des algues vertes en décomposition pouvait être dangereux" indique le document de l'Institut national de l'environnement et des risques (Ineris).
"Il peut être mortel en quelques minutes"
L'Ineris souligne que le principal composé mis en évidence, l'hydrogène sulfuré, est toxique par inhalation. Il relève que, à 1.000 ppm (parties par million), valeur qui a été relevée en certains points du site, "il peut être mortel en quelques minutes".
Ce rapport avait été demandé après la mort d'un cheval fin juillet sur une plage de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d'Armor).
Le débat sur ces algues bat son plein
Le phénomène des "marées vertes", qui est apparu il y a une trentaine d'années, est favorisé par les rejets de nitrates dans l'eau dus à l'agriculture et à l'élevage intensifs. Le débat a été relancé cet été après la mort en juillet d'un cheval sur une plage des Côtes-d'Armor.
En juillet, un salarié chargé de transporter des algues vertes en décomposition, entre Binic (Côtes-d'Armor) et une usine de traitement des déchets située à Lanticé, est également décédé dans les Côtes-d'Armor et ce décès a été jugé suspect par des associations et un élu régional PS. La victime, âgée de 48 ans, a eu un accident de camion après avoir fait un malaise le 22 juillet dernier. Le salarié avait auparavant manipulé des caisses d'algues toxiques.
Selon Claude Lesnée, médecin au CNRS et au département de santé publique de l'université de Rennes 1, le salarié "avait transporté des caissons d'algues vertes en état de décomposition et a donc été exposé". Selon lui, l'exposition aux algues vertes en putréfaction peut, entre autres, provoquer un oedème pulmonaire ou un accident cardiaque.
Le Premier ministre François Fillon a récemment confirmé la mise en place d'une mission interministérielle qui devra bâtir, dans les trois mois, un plan d'action pour lutter contre la prolifération des algues vertes et "proposer des solutions efficaces de ramassage et de protection de la population".