Après une bataille judiciaire qui aura duré trente ans, les Indiens vivant en Amazonie peuvent retrouver le sourire car ils ont obtenu l'expulsion des agriculteurs blancs installés illégalement dans l'une des plus grandes réserves indigènes du Brésil.
"Cette décision est une grande victoire des Indiens et consacre les droits des peuples indigènes" a déclaré le président de la Fondation nationale de l'Indien (Funai), Marcio Meira.
La décision fera jurisprudence pour d'autres cas litigieux
Dix des onze juges de la Cour suprême du Brésil ont voté pour le maintien des limites actuelles de la réserve "Raposa Serra do Sol" située à l'extrême nord du pays, et pour l'expulsion immédiate des producteurs de riz.
La décision était attendue car elle fera jurisprudence pour d'autres cas litigieux de création de réserves qui couvrent 12% du territoire brésilien.
La Cour suprême a également posé de nombreuses conditions à l'accès et à l'exploitation minière des terres indigènes.
En revanche, elle garantit la libre circulation de l'armée dans la réserve pour défendre les frontières.
L'Etat du Roraima compte au total 390.000 habitants
Le litige oppose les Indiens qui veulent protéger la forêt et leur mode de vie traditionnel et des grands producteurs agricoles, avides d'exploiter de nouvelles terres.
Le gouvernement de l'Etat du Roraima faisait valoir que les producteurs de riz participent pour 7% du PIB de la région. L'Etat compte au total 390.000 habitants dont quelque 44.000 indigènes.
Un peu de géographie ?
Raposa Serra do Sol, d'une superficie de 17.000 km2, est située dans l'Etat du Roraima, à la frontière du Venezuela et du Guyana.
Dix-neuf mille Indiens Macuxi, Wapichana, Ingariko, Taurepang et Patamona vivent dans ce territoire créé en 2005 par le gouvernement du président Luiz Inacio Lula da Silva.
Sur les 190 millions d'habitants du Brésil, moins de 500.000 Indiens vivant subsistent dans des réserves, selon la Fondation nationale de l'Indien.