Selon les Indiens des neuf pays d'Amazonie, seule une alliance mondiale permettra de mettre un terme au pillage des forêts et de protéger leur mode de vie. Cet appel à l'aide a été lancé mercredi lors du Forum social mondial, qui se tient à Belem au Brésil du 27 janvier au 1er février 2009. Ce Forum, qui accueille cette année 2.000 indigènes, sera consacré à cette région amazonienne.
L'Amazonie va vers la destruction
Un des objectifs des débats est d'amplifier le dialogue entre les peuples originaires de la région qui exigent le respect de leurs territoires, de leurs langues, de leurs cultures et de leur spiritualité pour atteindre le "bien-vivre".
Ce bien-vivre se résume en quelques mots : moins de consommation, moins de pollution et création d'Etats pluriethniques. "Les multinationales entrent dans nos territoires, avec la connivence de nos gouvernements et parfois l'appui des paramilitaires, et déplacent nos populations. Nous faisons appel à la solidarité mondiale pour mettre fin au pillage de l'Amazonie qui va vers la destruction" a avoué Miguel Palacin (Coordination des organisations indigènes).
La forêt est partagée entre neuf nations
En Amazonie, la forêt tropicale, qui s'étend sur 5,5 millions de kilomètres carrés, est partagée entre neuf nations qui sont la Bolivie, le Brésil, la Colombie, l'Equateur, le Guyana, le Pérou, le Surinam, le Venezuela et la Guyane française. Un exemple : 25 millions de personnes vivent dans la seul Amazonie brésilienne.
L'Amazonie a déjà perdu 17 % de sa surface originelle
Cette forêt abrite une grande biodiversité et joue aussi un rôle importante dans l'équilibre climatique de la planète bleue. Mais sous la pression de la puissante agro-industrie (culture du soja, élevage) et de l'exploitation forestière illégale, le "poumon vert" c'est ainsi qu'il est aussi appelé, a déjà perdu 17 % de sa surface originelle. "Si les déboisements atteignent 30% de l'Amazonie, on entrera dans un processus irréversible et les conséquences seront catastrophiques pour la vie sur la Terre. Il faut prendre d'urgence des mesures pour contenir la déforestation" a prévenu le scientifique brésilien Adalberto Verissimo.
Les écologistes pointent aussi du doigt les grands projets de centrale hydro-électrique de plusieurs milliers de mégawatts en Amazonie. Ils préconisent plutôt le développement de petites centrales et optent pour des projets solaires et éoliens plus respectueux de l'environnement et des habitants.