Des astronomes viennent d'analyser l'atmosphère d'une planète extrasolaire située à environ 42 années-lumière (1 AL = 9.500 milliards de km) du système solaire. La GJ 1214b, c'est son nom, a un diamètre égal à 2,6 fois celui de la Terre et une masse correspondant à 6,5 fois celle de notre planète.
Cette planète extrasolaire découverte en 2009 se classe dans une catégorie intermédiaire entre la Terre et les géantes gazeuses comme Jupiter ou Saturne. "C'est la première super-Terre dont l'atmosphère a été analysée. Nous avons atteint une étape importante dans la caractérisation de ces mondes" résume Jacob, premier auteur de l'étude parue dans la revue scientifique Nature.
Elle n'est pas propice à accueillir la vie
Même si GJ 1214b, proche de son étoile, est considérée par les chercheurs, comme trop chaude pour offrir des conditions propices à l'éclosion de la vie, les techniques d'analyse développées visent à découvrir des planètes habitables. La majorité des 504 exo-planètes déjà recensées sont de la taille de Jupiter ou encore plus massives. Avec le perfectionnement des méthodes de détection, des exo-planètes bien plus petites, ressemblant davantage à la Terre, ont été découvertes, dont GJ 1214b.
Elle parcourt son orbite autour d'une petite étoile, beaucoup moins chaude que le Soleil, en seulement 1,5 jour terrestre. Toutes les 38 heures, la planète repasse devant son étoile. Les rayons lumineux de l'astre traversent alors l'atmosphère planétaire et sont susceptibles d'en dévoiler la composition.
L'équipe a utilisé le Very Large Telescope de l'Observatoire austral européen au Chili pour analyser cette lumière dans des longueurs d'onde infrarouge jusqu'à 1 micron. Aucune trace d'hydrogène n'a été détectée dans la haute atmosphère, ce qui exclut que l'exo-planète puisse ressembler à une "mini-Neptune" avec un noyau rocheux et une épaisse couche d'hydrogène, un des scénarios envisagés.
L'atmosphère pourrait être soit riche en vapeur d'eau, soit très nuageuse ce qui gênerait la détection de ses composants. Des observations à de plus grandes longueurs d'onde, effectués par le télescope spatial Hubble, pourraient en révéler plus, note dans Nature un expert de la Nasa.