Du 21 au 25 juin se tient à Agadir (Maroc), une énième session de la Commission baleinière internationale. Cette semaine, la CBI va proposer un plan qui réduirait, sous son contrôle, les quotas des chasses islandaise, norvégienne et japonaise tout en les autorisant malgré le moratoire de 1986. Son rapport scientifique, distribué aux délégations des 88 Etats membres, conteste les prévisions de quotas suggérés dans le projet d'accord...
... Il relève que les quotas de baleines proposés jusqu'en 2014 permettraient de tuer 3.860 baleines... soit une réduction de 8 % seulement par rapport aux quotas actuels.
En dépit du moratoire international sur la chasse à la baleine en vigueur depuis 1986, la Norvège, l'Islande et le Japon ont abattu plus de 1.500 baleines pendant la saison 2008-2009, dont plus de la moitié pour la seule flotte nippone, sous couvert de chasse scientifique.
Pour se prononcer sur les prises acceptables du point de vue de la conservation des baleines, les scientifiques ont recours à une méthode, les "Revised management procedures", considérant le statut des populations actuelles comparé à leur abondance passée, le degré de confiance accordé à ces estimations et l'état des stocks par espèce, par région et par sous-région.
Sur cette base, les prises de rorquals communs de l'Atlantique nord devraient se limiter à 46 par an sur cinq ans, contre 80 avancées annuellement par la Commission baleinière internationale. En ce qui concerne les prises des petits rorquals, ou baleines de Minke, ne devraient pas excéder 300 en 2014, au lieu des 600 recommandées.
Ces quotas suggérés par la Commission baleinière internationale "résultent davantage de négociations politiques que de travaux scientifiques" estime Vincent Ridoux, délégué scientifique français à Agadir. D'ailleurs, "les trois-quarts des délégations ne disposent pas de personnel scientifique et donc ne se positionnent que sur un plan politique". "La science est mise de côté pendant ces négociations" regrette aussi Scott Baker, biologiste marin de l'Université d'Oregon.
Le rapport s'inquiète également du niveau alarmant de "prises accidentelles" et qui ne sont pas intégrées dans les statistiques de chasse. Entre 1994 et 2006, plus d'un millier de baleines de Minke se sont retrouvées dans des filets de pêcheurs japonais et sud-coréens, selon leurs chiffres officiels.