Dans le but de résoudre les désaccords de longue date sur la chasse à la baleine, la Commission baleinière internationale (CBI) a proposé jeudi (22 avril) d'autoriser pendant dix ans une pêche commerciale assortie de quotas.
Ce plan prévoit que les prises japonaises en Antarctique baisseront pour s'établir à 410 baleines au cours de la prochaine campagne dans l'Antarctique puis à 205 spécimens lors de la saison 2015-2016.
Rappelons que le Japon, dont les citoyens sont de grands amateurs de viande de baleine, prévoit actuellement de tuer entre 765 et 935 baleines chaque saison en Antarctique.
Dans sa proposition, la Commission autorise également, toujours avec des quotas, les opérations baleinières dans l'Atlantique pour l'Islande et la Norvège, ainsi que la pêche nippone dans l'océan Pacifique et près des côtes du Japon. Mais elle interdit à tout nouveau pays de se mettre à la chasse à la baleine.
Cette proposition ne fait pas que des heureux
Par exemple, la Nouvelle-Zélande et l'Australie ont estimé que la proposition de compromis n'était pas acceptable. Les Australiens réclament purement et simplement une interdiction totale de la chasse commerciale et ont menacé de poursuivre le Japon devant la justice internationale pour ses prises annuelles de cétacés en Antarctique, au nom de la "recherche scientifique". Cette pêche est tolérée par la CBI qui proscrit en revanche la chasse dite commerciale.
Respecter le moratoire !
Le ministre australien de l'Environnement Peter Garrett a rappelé : "Nous sommes engagés dans le moratoire sur la pêche commerciale et nous voulons que soit mis un terme à la pêche dans l'Océan méridional, nous menons le combat pour protéger les baleines".
Un moratoire de la Commission baleinière internationale - qui réglemente la chasse et la conservation des cétacés - datant de 1986 proscrit toute chasse commerciale, mais la Norvège et l'Islande passent outre, tandis que le Japon exploite une faille juridique du texte, affirmant pêcher à des fins scientifiques.
Une réunion de la CBI prévue en juin au Maroc
Cette tentative de compromis entre les pêcheurs et les défenseurs des cétacés sera débattue et mise au vote lors de la réunion plénière annuelle des 88 Etats membres de l'organisation qui aura lieu en juin au Maroc. Les défenseurs de l'environnement critiquent en revanche durement la proposition de la CBI, estimant qu'elle récompense l'Islande, le Japon et la Norvège d'avoir contourné le moratoire de 1986 et risque de relancer le marché, actuellement en baisse, de la viande de baleine.
Outre la pêche, les baleines sont aussi menacées par le changement climatique, les collisions avec les bateaux ou les filets.