Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier estime avoir "mis de la justice" au sein de la filière agricole française en redistribuant les aides prévues dans le cadre de la Politique agricole commune dans un entretien paru dans Le Monde mercredi.
"Personne ne peut être surpris : depuis deux ans, mon travail a été d'encourager un nouveau modèle agricole durable pour redonner une double légitimité à la Politique agricole commune. Au sein du monde agricole d'abord, grâce à une meilleure répartition des aides, mais aussi vis-à-vis de la société".
Près d'1,4 milliard d'euros d'aides européennes
En février, Michel Barnier avait annoncé un rééquilibrage des aides européennes au profit de filières en difficulté comme l'élevage mais cette annonce avait suscité un fort mécontentement chez les céréaliers, jusque-là principaux bénéficiaires de la Politique agricole commune. Près d'1,4 milliard d'euros d'aides européennes va être redistribué à partir de 2010.
Le revenu d'un céréalier est "en moyenne trois fois supérieur" à celui d'un éleveur bovin
Le ministre de l'Agriculture explique avoir "tenu compte du marché", rappelant que le revenu d'un céréalier est "en moyenne trois fois supérieur" à celui d'un éleveur bovin, "voire quatre fois plus élevé" que celui d'un éleveur ovin.
Mais les céréaliers ont fait la sourde oreille en dénonçant la "brutalité" de ce plan.
Le gouvernement a annoncé une enveloppe de 170 millions d'euros supplémentaires
Pour calmer ces tensions, le gouvernement a donc annoncé lundi une enveloppe de 170 millions d'euros supplémentaires pour venir en aide aux céréaliers concernés par le plan de redistribution des aides de la Politique agricole commune.
"Nous avons entendu les inquiétudes des céréaliers, et nous avons travaillé à un plan d'accompagnement pour que la marche à franchir soit moins haute que prévu" affirme Michel Barnier.