Les océans et les mers, qui entourent l'Australie et la Japon, figurent parmi les plus riches du globe.
La biodiversité dans ces régions, où respectivement 80 % et 70 % des espèces n'ont pas encore été décrites, est parmi les plus riches : 33.000 espèces marines ont été officiellement répertoriées dans les deux pays.
"L'Australie présente un intérêt écologique considérable" a avoué Jesse Ausubel, co-fondateur du projet Census of Marine Life qui publiera ses travaux définitifs sur la biodiversité marine en octobre 2011. Le pays est en avance sur la création de zones maritimes protégées, autour des barrières de corail mais aussi en eaux profondes.
Au Japon, la variété de l'environnement marin explique aussi la diversité des espèces, estime Katsunori Fujikura, de l'agence nippone pour la Science et la technologie Mer-Terre : barrières de corail, eaux cerclées de glace, profondeurs atteignant les dix kilomètres.
L'Australie et le Japon sont suivis par des régions de Chine, la Méditerranée et le Golfe du Mexique. Ces deux dernières régions sont aussi les plus menacées par la surpêche, la destruction de l'habitat et la pollution.
Et les eaux de l'Antarctique ?
Les auteurs se sont aussi penchés sur les eaux de Nouvelle-Zélande, et l'océan antarctique, qui abritent respectivement 17.000 et 8.000 espèces.
Pour Huw Griffiths, de la British Antartic Survey, dresser la liste des espèces marines en Antarctique devrait être "une priorité".
"Le changement climatique est une menace potentielle importante pour la survie à long terme des communautés marines de l'Antarctique" juge-t-il, estimant que les habitats ont déjà été "transformés de façon spectaculaire" par le ralentissement de la formation des glaces et l'écroulement d'abris de glace.
Recensement de la vie marine
Globalement, un cinquième de toutes les espèces marines connues sont des crustacés (pour 19%), arrivant devant les mollusques (17 %), qui comptent les pieuvres, et loin devant la famille des poissons (12 % y compris les requins).
Les algues constituent 10 % des espèces, tandis que les anémones et les méduses représentent 5 %. Parmi les poissons, le poisson-vipère aux dents acérées est l'hôte le plus fréquent des zones abyssales (au-delà de 2000 mètres), puisqu'on le retrouve dans un quart de ces régions.
"Dans les Caraïbes", "on pensait connaître très bien les poissons. Ce n'est pas le cas. On a découvert plusieurs espèces au cours des deux dernières années et on en découvre chaque année" a reconnu Patricia Miloslavich, de l'Université Simon Bolivar du Venezuela.
"L'âge de l'exploration ne fait que commencer" a conclu cette scientifique. Pour chaque espèce marine connue de la science, il y en a quatre à découvrir, affirment ces experts.