Et si le crocodile marin de Bornéo était retiré de la liste des espèces dites menacées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) ? Ce voeux cher aux défenseurs de la nature pourrait devenir réalité puisque la population de crocodiles marins vivant sur cette île asiatique s'est fortement redressée ces dernières années à Bornéo.
Entre 11.000 et 15.000 Crocodylus porosus contre 1.000 à 5.000 il y a 20 ans, ont été recensés au Sabah, l'immense île que se partagent la Malaisie, l'Indonésie et Brunei, a indiqué Augustin Tuuga, directeur adjoint des services de la Faune sauvage de l'Etat.
Ce changement rendrait plus facile la chasse de ces reptiles alors que la demande est forte pour leur peau, notamment pour la maroquinerie, et leur viande, appréciée en Asie. "Pour que cela arrive, nous devons mettre en place un mécanisme nous permettant de suivre les évolutions de la population et d'être sûrs qu'elle reste à un niveau acceptable" a souligné Augustin Tuuga.
Les crocodiles marins sont, avec ceux du Nil, les plus grands reptiles vivants avec une taille pouvant atteindre 4 à 6 mètres. Leur population a fortement diminué en Asie mais reste importante en Australie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
A Bornéo, ces crocodiles marins s'attaquent aux hommes : 23 morts et 15 blessés en dix ans. Le crocodile s'attaque à l'homme notamment parce que "sa zone d'habitat et ses sources de nourriture ont diminué sous la pression du développement, tandis que les hommes utilisent davantage les estuaires" a indiqué le responsable.