Des associations écologistes ont condamné samedi l'augmentation des quotas de chasses de phoques, après que le Canada eut autorisé l'abattage de 338.000 bêtes, dont 280.000 phoques du Groenland.
Les quelque 6.000 chasseurs canadiens pourront abattre 5.000 phoques du Groenland de plus que l'année dernière, une augmentation égale à celle de l'année dernière.
Ottawa a également autorisé la chasse de 8.200 phoques à capuchon (autant qu'en 2008 et en 2007) et de 50.000 phoques gris (+ 38.000 par rapport à 2008).
La chasse aux phoques du Groenland devrait s'ouvrir la semaine prochaine, a indiqué M. Jenkins.

Les organisations écologistes scandalisées
La chasse aux phoques du Groenland est celle qui cristallise toutes les tensions entre le Canada et ses détracteurs (l'Europe et les groupes environnementalistes), expliquent à l'AFP le porte-parole du ministère des Pêches, Phil Jenkins, et le conseiller scientifique du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), David Lavigne.
Selon la directrice de la Humane Society International, Rebecca Aldworth, le quota de 280.000 phoques du Groenland « va à contre courant des meilleures études scientifiques disponibles et du bon sens ».
La Fondation Brigitte Bardot estime que, par cette augmentation, « la ministre (canadienne) des Pêches et Océans, Gail Shea, affiche son mépris face aux légitimes préoccupations de l'opinion publique internationale ».
Pour le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), l'abattage de 280.000 animaux est d'autant plus « scandaleux » que « le marché de la fourrure de phoque est saturé » depuis deux ans. De plus, l'IFAW juge « totalement injustifiée, l'énorme augmentation du quota de chasse de phoques gris », soulignant qu'il n'existe pas de marché pour cette espèce. Augmentation justifiée selon Phil Jenkins, à cause de « la forte croissance de la population de phoques gris qui est maintenant de 300.000 bêtes ».

L'Europe réagit aussi
Une commission du Parlement européen (PE) a récemment endossé une proposition de règlement pour interdire la vente de produits dérivés du phoque, et ce, malgré l'adoption par Ottawa de nouvelles règles de chasse au phoque visant à minimiser les souffrances des animaux. Le vote du PE doit avoir lieu le 1er avril.
« Les autorités européennes (...) apprécieront cet aveuglement du Canada », estime l'association de Mme Bardot. Selon la Fondation Bardot, ce nouveau quota devrait « grandement faciliter » la mise en place dès cette année d' « un embargo ferme et total ».