Les questions importantes autour de la pêche à la baleine n'ont pas été réglées et la 61ème réunion de la Commission baleinière internationale, qui se tenait depuis lundi (22 juin) à Madère au Portugal, a été une nouvelle fois un coup d'épée dans l'eau.
Cette organisation mondiale de régulation de la chasse aux grands cétacés, qui réunit aujourd'hui 85 Etats-membres, est tiraillée depuis des années par des divergences profondes entre les pays qui veulent poursuivre la chasse à la baleine et ceux qui s'y opposent fermement.
Les pays baleiniers, comme le Japon, réclament tout simplement la levée de l'interdiction de la chasse commerciale à la baleine considérant que l'espèce n'est plus menacée. Sur les 1.936 baleines tuées l'an dernier, plus de la moitié ont été harponnées par la flotte baleinière nipponne.
Les pays "protecteurs", comme l'Australie, exigent le maintien de l'interdiction de la pêche commerciale puis veulent pérenniser le "moratoire" en vigueur depuis 1986 et transformer la Commission baleinière internationale en une institution de protection des grands mammifères marins.
Une nouvelle année de sursis pour la Commission baleinière internationale
Afin de trouver un compromis, elle a prolongé jusqu'en 2010 les négociations qui ont débutél'an dernier par un "groupe de travail réduit", chargé de réfléchir à son avenir et faire avancer les sujets jugés les plus urgents.
La Commission baleinière internationale avait décidé de reporter sa décision sur la demande du Danemark de reprendre la chasse à la baleine à bosse au Groenland.
La chasse commerciale à la baleine à bosse est interdite depuis 1966 mais le Groenland avait poursuivi la capture de ces grands cétacés jusqu'en 1987, date à laquelle l'interdiction a été étendue à la chasse aborigène de subsistance.
Ce statu-quo fait réagir les associations de défense de l'environnement
"Après douze mois de discussions, durant lesquels la chasse à la baleine et le commerce de viande de baleine ont atteint des niveaux jamais vus, la seule chose à laquelle soit parvenue la CBI a été de se donner douze mois de plus pour discuter jusqu'à sa prochaine réunion en 2010 à Agadir. Un changement fondamental est nécessaire si l'on veut conserver un quelconque espoir que les baleines ne se retrouvent pas échouées sur les sables du Maroc l'an prochain" déplore Greenpeace.
La Société de protection des baleines et dauphins a de son côté dénoncé notamment la "grosse erreur" de la Commission qui a décidé de reporter, faute d'accord, sa décision sur la demande danoise de reprendre la pêche à la baleine à bosse. "Les cas de la Norvège et l'Islande (seuls pays de la CBI à pratiquer la chasse commerciale) n'ont même pas été abordés". Elle s'insurge également contre l'absence de condamnation du commerce de la viande de baleine.