Dans le sud du Chili, l'industrie salmonicole est menacée par le virus de l'anémie infectieuse du saumon ! Afin de sauver ce secteur piscicole, les Chiliens ont annoncé que des millions de saumons vont être vaccinés.
Six mois pour vacciner 10 à 12 millions de poissons
"Nous espérons vacciner entre 10 et 12 millions de poissons sur les six prochains mois" a déclaré Alejandro Pino, responsable régional du laboratoire Recalcine qui a développé le vaccin. "Si toutes les mesures prises, vaccins et contrôles, sont maintenues, d'ici trois ou quatre ans nous aurons sans doute retrouvé les niveaux de production de 2007" avant l'irruption du virus.
Comment vont-ils procéder pour la vaccination ?
Les alevins seront acheminés dans un petit bassin par un tuyau. Après une légère anesthésie, ils seront vaccinés, un par un.
L'an prochain, ils seront transférés des bassins d'eau douce à des centres d'aquaculture en eau de mer, où ils seront engraissés jusqu'à atteindre 4 kg environ à l'âge de deux ans, avant leur conditionnement.
Entretemps, les poissons vaccinés se seront vu administrer avec leur alimentation un "booster" oral au vaccin.
Un virus mortel pour le saumon
Ce virus a été détecté en juillet 2007 dans l'archipel de Chiloe, près de Puerto Montt. Il ne se transmet pas à l'homme et n'est pas dangereux pour les autres poissons. En revanche, il provoque chez le saumon, notamment atlantique, des hémorragies internes, et cause des ravages dans les élevages.
Des élevages et usines déjà fermées
Le Chili est le 2e producteur mondial de saumon (39% de la production mondiale) derrière la Norvège. Cependant, ce pays a vu s'effondrer sa production, de l'ordre de 600.000 tonnes par an avant le virus, à 400.000 projetés en 2009.
"Si les résultats sanitaires sont positifs (...), nous devrions en 2011, recommencer à voir l'industrie croître graduellement" estime Carlos Odebret, le directeur général de la corporation Salmon Chile.
Ce traitement n'est qu'une des mesures prises par l'industrie !
De nombreuses garanties sanitaires sont aujourd'hui adoptées : le nettoyage des bassins d'élevage ou la rotation des lieux de production pour établir un "repos sanitaire de trois mois après chaque cycle". "Cela diminue les risques de contagion de manière significative" souligne Carlos Odebret.