Le thon rouge d'Atlantique-est et de Méditerranée ne sera pas porté à l'Annexe I de la CITES, qui interdit tout commerce international afin de prévenir l'extinction d'une population.
La conférence de la CITES sur le commerce des espèces sauvages menacées a en effet rejeté jeudi (18 mars) à Doha une proposition de Monaco visant à suspendre les exportations de thon rouge d'Atlantique Est et de Méditerranée. La proposition a été rejetée par 68 voix, contre 20 favorables et 30 abstentions.
"C'est très décevant et très irresponsable" a jugé Sue Lieberman, directrice des politiques nternationales du PEW Environment Group, qui a regretté que "l'avenir du thon rouge soit désormais renvoyé dans les mains de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de lAtlantique, qui réunit les pays pêcheurs.
La réaction de la Principauté qui avait proposé d'inscrire cette espèce à l'annexe I
"Je regrette un débat avorté et de n'avoir pu répondre à certaines contre-vérités énoncées" indique Patrick van Klaveren, chef de la délégation de Monaco. Il ajoute : "La majorité des pays a décidé de faire confiance à la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique, qui réunit les pays pêcheurs, jugeant qu'elle avait tous les éléments pour résoudre le problème. Qu'elle le montre !"
La principauté de Monaco avait proposé d'inscrire cette espèce à l'Annexe I de la Convention internationale sur le commerce des espèces sauvages menacées afin d'en interdire les exportations et de protéger cette population victime de surpêche.
L'argument monégasque était simple : "Si nous proposons l'Annexe I, c'est que nous sommes parvenus au niveau où l'effondrement du stock est inéluctable" avait indiqué son représentant Patrick Van Klaveren.
La réaction du WWF
Selon l'organisation, «C'est une funeste journée pour la biodiversité marine. Aujourd'hui, nous vivons un véritable tsunami d'inconsciences. En pleine année internationale de la biodiversité qu'une espèce aussi emblématique que le thon rouge soit sacrifiée au profit d'intérêts économiques de court terme est une véritable honte. C'est une injure que l'on fait au vivant !! Une fois de plus les instances internationales accouchent d'un échec malgré les avis scientifiques. Après Copenhague, ce nouveau fiasco montre la fracture qui est en train de se créer entre les opinions publiques qui sont de plus en plus sensibles aux enjeux environnementaux et des lobbyes d'une irresponsabilité flagrante. Nous appelons l'ensemble des citoyens à une mobilisation générale pour sauver le thon rouge».
Victoire du Japon
Premier importateur mondial de thon rouge d'Atlantique-et et de Méditerranée, le Japon s'est toujours opposé à l'inscription de cette espèce commerciale, prisée pour la confection des sushis. Il était largement suivi par les pays en développement.
La proposition européenne, qui prévoyait un délai d'inscription à l'Annexe I, a également été rejetée par 72 voix contre 43 et 24 abstentions.