C'est au cours des dernières décennies que les changements climatiques ont été les plus marqués selon les travaux de chercheurs américains conduits sur l'Arctique et l'Atlantique Nord : "Le réchauffement que nous observons est sans précédent dans l'histoire humaine" souligne Charles Greene, océanographe de l'Université Cornell (New York).
Si l'Arctique et l'Atlantique nord continuent à subir des dérèglements climatiques trop rapides, la circulation des eaux océaniques pourrait se produire à l'échelle du globe et les conséquences sur le climat mondial et la biosphère pourraient être irréversibles.
Des algues microscopiques font leur réapparition après 800.000 ans d'absence
Au cours des cinq dernières décennies, la fonte des glaces arctiques et des glaciers a périodiquement précipité l'écoulement d'eau froide et faiblement saline de l'océan Arctique dans l'Atlantique Nord.
Selon cette recherche, ce phénomène, qui a déjà bouleversé des écosystèmes jusqu'en Caroline du Sud et du Nord (Etats-Unis), a provoqué des déplacements géographiques étendus de nombreuses espèces végétales et animales.
Des algues microscopiques communes dans l'océan Pacifique ont fait leur réapparition dans l'Atlantique nord après plus de 800.000 ans d'absence. Cette étude montre aussi que le réchauffement a conduit de nombreuses espèces du nord à se déplacer vers le sud. Quant au refroidissement périodique des eaux du plateau continental, il peut prolonger les saisons de croissance du phytoplancton et de petits crustacés qui constituent la base de la chaîne alimentaire marine.
Les morues ne peuvent pas se reproduire aussi rapidement
En plus, ces changements ne ménagent pas l'ensemble de la structure des écosystèmes des plateaux continentaux selon Charles Greene. Ce dernier prend l'exemple des morues, dont la diminution dans l'Atlantique nord a notamment résulté de la surpêche au siècle dernier : "Les morues ne peuvent pas se développer et se reproduire aussi rapidement dans des eaux plus froides et leur déclin a permis un grand accroissement de plusieurs espèces de crustacés, comme des crabes des neiges et des crevettes dont ils se nourrissent".
Ces données climatiques ont été analysées à partir de carottes de glace et de couches sédimentaires portant sur les 65 derniers millions d'années. Durant cette période, la Terre a bien évidemment connu des épisodes de réchauffement et de refroidissement majeurs, qui ont été atténués par l'expansion et la contraction des glaces arctiques.
Le saviez-vous ? Quand l'Arctique se refroidit et que la banquise et les glaces s'étendent, la réflexion des rayons du soleil sur la glace s'accroît. Et quand davantage de rayons solaires sont réfléchis qu'absorbés par l'eau, cela conduit à un refroidissement général. Ces explications proviennent de Charles Greene.