Une recherche montre que de fortes fluctuations dans la quantité d'énergie solaire émise ces dernières années ont provoqué d'importantes contractions passagères et inattendues de la haute atmosphère terrestre.
Cette partie de l'atmosphère, appelée thermosphère, qui commence à 90 kilomètres d'altitude et s'étend jusqu'à plus de 500 kilomètres, s'est contractée momentanément en réaction à une forte baisse des niveaux de radiation de rayons ultraviolets émis par le soleil, a précisé le Centre national américain de la recherche atmosphérique à Boulder dans le Colorado (Etats-Unis).
L'émission d'énergie solaire est tombée à des niveaux très bas de 2007 à 2009. Durant cette période de calme plat du soleil particulièrement longue, les scientifiques n'ont observé quasiment aucune tache ou éruption. La thermosphère terrestre a donc réagi et s'est refroidie de 23°C en 2008 comparativement à 1996, entraînant sa contraction de 30 %.
Du jamais vu en 43 ans d'exploration spatiale
"Nos travaux démontrent que les cycles du soleil, normalement de onze ans, peuvent varier dans les périodes d'activité minimum" explique Stanley Solomon, un chercheur du National Center for Atmospheric Research).
Une bonne et une mauvaise nouvelle
La plus faible densité de la thermosphère sous l'effet de cette diminution du flux thermique du soleil est une bonne nouvelle pour les satellites et la Station spatiale internationale qui pourront rester plus longtemps sur orbite, relève Thomas Woods, professeur à l'Université du Colorado.
"C'est une bonne nouvelle pour les satellites actuellement en exploitation mais en même temps une mauvaise nouvelle car des milliers de débris et objets orbitaux demeureront plus longtemps dans l'espace, présentant un risque accru de collision" ajoute-t-il.
Pour Stanley Solomon, le soleil pourrait connaître une période d'activité relativement faible au-delà du cycle de onze ans, similaire à celles observées au début du XIXe et au début du XXe siècle. "Si en fait nous sommes dans une situation similaire, on peut s'attendre à avoir des cycles solaires à faible activité au cours des dix à 30 prochaines années" prédit cet expert.