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16 décembre 2010 -
13h28 :
Croisement entre un grizzly et un ours polaire : danger ?
[ NATURE - OURS ]

TF1/LCI - Un ours polaireNous vous l'avons dit à plusieurs reprises, le changement climatique est notamment responsable du recul de la banquise dans l'Arctique. Ce recul est surtout visible à la fin du printemps et la glace a du mal à se reformer en automne.
Une des conséquences de la modification de cet environnement peut entraîner le rapprochement et le croisement entre des grizzlys et des ours polaire.

Le grizzlySelon des biologistes, ce croisement pourrait conduire à l'extinction de ce dernier. Un premier ours issu d'un tel croisement avait été découvert en 2006, rappellent ces spécialistes.
Quatre années plus tard, un autre ours tué par un chasseur avait un héritage génétique issu des deux espèces : une mère hybride et un père ours brun, précisent Brendan Kelly, de l'agence américaine responsable de l'étude de l'océan et de l'atmosphère (NOAA), et deux autres chercheurs.

"La fonte rapide de la banquise arctique met en péril les espèces à cause des croisements et de la perte de leur habitat" notent-ils. "Lorsque de plus en plus de populations et d'espèces isolées entrent en contact, ils (leurs représentants) vont s'accoupler, des hybrides vont naître, et des espèces rares vont vraisemblablement s'éteindre" ajoutent ces experts dans leur texte - un "commentaire" et non un article scientifique, publié dans Nature.

Les mammifères marins peuvent aussi être conduits à des accouplements inter-espèces quand leur environnement se modifie sous l'effet du réchauffement climatique.
En 2009, une baleine semblant résulter d'un croisement entre baleine du Pacifique Nord et baleine boréale avait été photographiée dans le Détroit de Béring entre l'Alaska et la Russie.

Il reste moins de 200 baleines franches dans le Pacifique Nord. Cette espèce pourrait rapidement s'éteindre si les croisements avec des baleines boréales (ou baleines du Groenland) beaucoup plus nombreuses, se multiplient, préviennent les experts. Des cas d'hybridation ont également été signalés pour différentes espèces de marsouins et de phoques.
 
L'hybridation, est-ce vraiment un danger ?
 
Pour Brendan Kelly, l'hybridation n'est pas une mauvaise chose en soi. Elle a été un des moteurs clé de l'évolution. Mais lorsque le phénomène est causé par des activités humaines, il a tendance à se produire sur une courte période, entraînant une réduction de la diversité génétique.
En cas de croisements entre les ours bruns et polaires, le mélange génétique entraîne un risque pour la survie : même s'il garde l'instinct de chasser les phoques hérité de l'ours polaire, l'ours issu des deux races est peu adapté à la nage (comme le grizzly et contrairement à l'ours polaire).

Que faire pour limiter les cas d'hybridation ?
 
L'être humain doit suffisamment réduire ses émissions de gaz à effet de serre dans les dix à vingt ans à venir pour préserver la banquise arctique. L'ours polaire figure depuis 2008 sur la liste des espèces dites menacées. L'ours blanc compte sur la banquise pour poursuivre la chasse aux phoques, sa proie de prédilection.

Il en reste 20.000 à 25.000 spécimens, répartis entre cinq Etats (Etats-Unis, Canada, Groenland, Norvège et Russie), tous installés le long du cercle polaire arctique.
Une zone du globe où le réchauffement observé est deux fois supérieur à la moyenne mondiale, selon les climatologues.
L'étendue de la banquise a diminué de 15 à 20 % au cours des trente dernières années et d'ici la fin du siècle, elle pourrait encore perdre 10 à 50 %. Selon plusieurs experts, la banquise pourrait à terme totalement fondre en été sous l'effet de ce réchauffement.


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