Le séisme majeur, qui a touché Haïti le 12 janvier dernier, n'est sûrement pas le dernier dans la région selon les scientifiques. Par conséquent, la reconstruction de Port-au-Prince et de ses environs, situés sur une ligne de faille, doit être réalisée avec des matériaux renforcés. "Il ne faut pas reconstruire en partant du principe que le danger est passé pour Haïti. Cette libération d'énergie dans la région proche de Port-au-Prince pourrait en fait avoir augmenté la pression dans les segments adjacents de la même faille sismique » prévient Paul Mann, chercheur à l'Institut de géophysique de l'Université d'Austin au Texas (Etats-Unis).
Des chercheurs essaient de percer les mystères des changements de pression résultant du tremblement de terre de magnitude 7,0 enregistré mardi en Haïti ont affecté ces segments.
"Cette faille est longue de plusieurs centaines de kilomètres et le segment qui s'est rompu, provoquant ce séisme, ne mesure que 80 kilomètres" souligne M Paul Mann.
Or, "beaucoup d'autres segments qui n'ont pas connu de séisme depuis des centaines d'années accumulent de la pression" et "n'importe lequel de ces segments pourrait provoquer un séisme similaire à celui qui s'est produit en Haïti".
Le long de la faille, qui va de Port-au-Prince et Kingston (Jamaïque), il faut craindre une nouvelle catastrophe. La seconde faille, qui traverse le nord d'Haïti et s'étend jusqu'en République dominicaine voisine, n'a pas connu de rupture depuis 800 ans, et la pression qui s'est accumulée est suffisante pour former un tremblement de terre majeur, d'une magnitude de 7,5. Et ce séisme majeur, c'est pour quand ? « Il est très difficile de prédire si ce sera l'an prochain ou dans 100 ans".
Le géophysicien français, Eric Calais, qui étudie depuis 2003 la faille responsable du séisme en Haïti, avait averti les autorités haïtiennes de l'accumulation dangereuse de pression, mais peu de choses ont été faites pour renforcer les bâtiments dans ce pays très pauvre, qui ne s'est toujours pas remis des quatre ouragans dévastateurs de l'année dernière ?
Les autorités haïtiennes avaient tout de même commencé à préparer une réponse d'urgence, mais n'ont pas pu mettre aux normes les bâtiments les plus importants comme les écoles, les hôpitaux, les édifices gouvernementaux.