De nouvelles pluies tombaient jeudi sur le nord-est de l'Australie... Cette région, victime du phénomène climatique La Niña, est déjà confrontée à des inondations sans précédent. Les dernières pluies orageuses ont provoqué par endroit une brusque montée des eaux et encore aggravé la situation dans les zones déjà inondées, ont indiqué les services météorologiques. Le niveau d'eau a commencé à lentement baisser uniquement à Rockhampton, ville située dans l'Etat du Queensland.
Pas de ravitaillement pour les fortes têtes !
Dans la ville de Rockhampton, quasiment coupée du monde, la municipalité a décidé de ne plus ravitailler certaines familles jugées « totalement irresponsables".
En refusant de quitter leur maison inondée, ces habitants exposent en effet les secouristes qui traversent (en bateau) les eaux infectées de serpents. A cause de ces crues, les reptiles ont quitté leurs habitats traditionnels et cherchent des endroits secs. "Maintenant, il faut qu'ils comprennent qu'en raison de leur choix, on ne leur fournira plus de denrées alimentaires ou d'autres services" a averti le maire.
Le niveau de la rivière Fitzroy, qui arrose Rockhampton, a atteint son pic à 9,2 mètres et devrait selon les prévisionnistes ne plus s'élever, mais une décrue notable n'est pas annoncée avant au moins une semaine. "Le niveau des inondations va continuer à rester très haut, pour au moins encore une semaine, obligeant à vivre dans ces conditions très difficiles" a déclaré le maire. Une quarantaine de villes sont affectées par les inondations.
La Nina montrée du doigt
Les inondations, qui ont fait dix morts depuis novembre, ont été attribuées jeudi par les services météorologiques australiens au phénomène climatique La Niña.
Ce phénomène a donné lieu dans le Queensland à l'année la plus humide depuis la création des relevés météorologiques.
A l'opposé d'El Niño, La Niña se caractérise par une baisse des températures de surface de la mer des secteurs central et oriental du Pacifique.
Selon l'Organisation météorologique mondiale, le phénomène, réapparu en juillet dans le Pacifique, s'accompagne généralement de fortes pluies en Indonésie, Malaisie et Australie, de périodes de sécheresse en Amérique du Sud, de tempêtes dans l'Atlantique tropical, de vagues de froid en Amérique du Nord et d'un temps pluvieux dans le sud-est de l'Afrique. Selon les experts, La Niña était désormais bien installée et devrait durer encore six mois, annonçant des moussons plus intenses et plus d'ouragans.
"En juillet, les conditions de La Niña étaient bien installées et la plupart des régions de l'Australie ont connu des précipitations bien au-dessus de la moyenne" ont précisé les services météorologiques.
"La deuxième partie de l'année (juillet à décembre) a été la plus humide" depuis que les relevés sont effectués, ont-ils ajouté. "De nombreux cours d'eau à travers la région ont atteint des niveaux record.
Les dommages aux infrastructures et aux biens ainsi que le coût économique des pertes de récoltes et du retard de production dans les mines, devraient représenter plusieurs milliards de dollars australiens" relève le rapport.
Des pluies torrentielles se sont abattues autour de Noël sur un sol déjà saturé d'eau, causant un débordement des cours d'eau, ce qui a inondé des milliers de km2 de terres agricoles et des mines de charbon, selon le rapport.
En ce qui concerne la région minière du Queensland, qui fournit la moitié des besoins mondiaux de coke de charbon nécessaire à l'industrie sidérurgique, les conséquences économiques des inondations se feront sentir au niveau local comme mondial.
Le manque à gagner pour l'industrie minière locale se chiffre déjà à 754 millions d'euros et la pénurie de charbon risque d'entraîner une poussée des prix sur le marché mondial.
Ces intempéries contrarient aussi l'industrie cinématographique puisque le tournage du film "Mad Max 4", qui a pour décor un désert post-apocalypse, a été reporté alors que les vastes espaces habituellement désolés de la Nouvelle-Galles du Sud ont verdi sous l'effet de la pluie qui a mis fin à des années de sécheresse dans certains endroits.