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02 mai 2010 -
11h11 :
Découverte d'un astéroïde couvert de glace
[ NATURE - ESPACE ]

Un astéroïde couvert de glaceUn astéroïde couvert d'eau gelée a été découvert parmi les corps rocheux qui orbitent entre Mars et Jupiter. Grâce à cette découverte, les scientifiques pourraient faire la lumière sur l'origine des océans terrestres et le passé du système solaire.

Des études précédentes supposaient que "l'eau actuellement sur Terre provenaient d'astéroïdes" mais "jusque là aucune mesure de la glace d'eau sur des astéroïdes n'avait été faite" rappelle Humberto Campins (Université de Floride centrale, Orlando, Etats-Unis).

Depuis le sommet du volcan Mauna Kea à Hawaï, les équipes d'astronomes ont étudié la lumière réfléchie par le gros astéroïde 24 Thémis éclairé par le Soleil.
A une longueur d'onde d'environ 3 microns, les deux équipes ont découvert une caractéristique signalant la présence d'une fine couche de glace associée à des molécules organiques (à base de carbone).
Comme le spectre lumineux est resté constant lors de la rotation de l'astéroïde, les chercheurs en déduisent que la glace et les matériaux organiques sont largement répartis sur la surface de l'astéroïde de 200 kilomètres de long. 

"La large présence de glace à la surface de 24 Themis est quelque peu inattendue" soulignent-ils. Inattendue et pourquoi donc ? Les corps rocheux de ceinture d'astéroïdes sont jugés trop proches du Soleil pour que la glace s'y maintienne durablement, même à une température moyenne comprise entre -70 à -120° C. Elle pourrait se vaporiser comme celle des comètes. Mais il pourrait exister sous la surface un réservoir d'eau glacée, datant de la formation du système solaire, réalimentant régulièrement la pellicule gelée externe, signale Humberto Campins.
 
Le saviez-vous ?Le saviez-vous ?
 
L'astéroïde 24 Thémis est situé à 480 millions de kilomètres (3,2 fois la distance Terre-Soleil).

Pour l'astronome Henry Hsieh (Université Queen's, Belfast), la découverte de cette glace témoin du passé est "l'équivalent astronomique" de l'apparition, en 1938, d'un coelacanthe vivant, poisson préhistorique que les paléontologues croyaient éteint. Il sera plus facile de savoir si l'eau des océans terrestres provient bien d'astéroïdes, compte tenu de sa composition (proportion de deuterium, un isotope de l'hydrogène), relève-t-il.
 
Leur étude est parue dans la revue scientifique Nature.


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