La fonte des glaciers alpins, accélérée par le réchauffement climatique, lâche des substances chimiques hautement toxiques retenues dans la glace durant des décennies, selon une étude suisse. Cette étude veut aussi montrer que la fonte des glaciers est devenue une source de pollution qui pourrait avoir "un impact environnemental désastreux".
Ces substances chimiques sont désormais interdites
Les chercheurs helvétiques ont mis en évidence que les lacs alpins recèlent des polluants organiques persistants (POP), des substances hautement toxiques (dont le DDT) qui ont été totalement interdites par la Convention de Stockholm signée en 2001.
Cette découverte a eu lieu durant l'hiver 2006 dans des carottes de sédiments extraites d'un lac formé par un barrage, dans le canton de Berne (centre de la Suisse). Une découverte confirmée dans deux autres lacs alpins, a expliqué Peter Schmid, chimiste au Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche.
Des produits chimiques interdits dès les années 70
Les polluants organiques persistants, très résistants, peuvent aussi être transportés via l'atmosphère sur de longues distances. Très utilisés dans les années 1960 dans la fabrication de pesticides, ces produits chimiques ont été interdits dès les années 70 par de nombreux gouvernements quand ces derniers se sont rendus compte de leur impact sur la santé (cancer).
Mais les scientifiques ont démontré que depuis la fin des années 1990, les quantités de substances chimiques trouvées dans les carottes se situent à un niveau globalement plus élevé que celles correspondant aux années 1960 et 1970. Selon eux, ce paradoxe s'explique par le réchauffement climatique qui accélère la fonte des glaciers, libérant les substances toxiques qui y étaient emmagasinées.