L'incendie, qui sévit depuis le mois d'août dernier dans les sous-sols du parc national espagnol de zone humide des Tablas de Daimiel (province de Ciudad Real), inquiète. Ce feu s'est déclaré à la suite d'une sécheresse persistante, qui affecte le parc depuis quatre ans. Doucement mais sûrement, ce parc devient un espace désertique sans... vie.
Un refuge pour les oiseaux !
Les Tablas de Daimiel, formés par les crues des confluents des ríos Guadiana et Cigüela, est le meilleur exemple espagnol d'écosystème de zone humide. Sa valeur écologique repose surtout sur les oiseaux, qui se servent de ces lieux pour hiberner et nidifier.
L'Homme encore responsable
Dans les années 1980, la superficie humide a commencé à s'assécher en raison du pillage des sous-sols pour arroser les cultures agricoles.
En 2005, les lagunes étaient complètement à sec. Le parc souffre d'"un processus de dégradation irréversible qui correspond à un point de non retour dans sa conservation" selon un rapport de la direction du parc.
Cet incendie, qui se manifeste par de la fumée sortant du sol, "est un phénomène nouveau" qui constitue "un signe évident du degré de dégradation du parc" a indiqué José Manuel Hernandez, représentant des organisations écologistes du parc.
Il y a eu pourtant des mises en garde
Il y a deux ans, l'institut géologique d'Espagne avait affirmé que si la sécheresse continuait, le sous-sol formé de tourbes allait entrer en auto-combustion, un phénomène qui se produit en cas d'extrême sécheresse. Ces incendies peuvent durer des mois et sont extrêmement compliqués à éteindre. "Il est urgent d'inonder le parc et de récupérer" les sous-sols, a estimé José Manuel Hernandez. Le parc aurait besoin de 25 hectomètres cubes pour être inondé.
Les organisations écologistes avaient demandé en 2007 une déclassification du site, protégé par l'Unesco, pour obliger les autorités espagnoles à bouger. L'Unesco avait alors donné trois ans pour la remise en état du parc.