Au cours des deux dernières décennies, les Etats-Unis ont constaté que les bourdons disparaissaient à un rythme préoccupant. Les populations de quatre grandes espèces de bourdons, qui sont pourtant d'importants pollinisateurs de fruits et de tomates notamment, ont diminué de plus de 90 % ces vingt dernières années aux Etats-Unis, selon une étude. A ce jour, il y en a 250 connues dans le monde... Ce déclin a également été constaté en Europe et ailleurs dans le monde !
Les causes avancées !
Un degré élevé d'infestation par un pathogène microscopique appelé Nosema bombi et une faible diversité génétique seraient deux des causes de cette disparition spectaculaire aux Etats-Unis, ont indiqué les auteurs de cette étude.
Mais ce déclin ne s'arrête pas aux bourdons... Depuis 2006, les abeilles domestiques subissent aussi un phénomène de dépopulation, qui vide les ruches. Les causes ? Elles n'ont pas encore été déterminées avec certitude.
Des bourdons qui ont le bourdon
Les bourdons pèsent moins lourds aux Etats-Unis que les abeilles domestiques, qui pollinisent plus de 90 variétés de fruits et légumes (pommes, avocats, myrtilles ...). Ils jouent néanmoins un rôle important en Amérique du Nord pour certaines récoltes, surtout de baies comme les myrtilles mais aussi de tomates, sans compter leur contribution clé au cycle de reproduction des plantes sauvages. En Europe, comme en France et en Allemagne, des bourdons sont élevés pour polliniser les tomates, les poivrons verts ou les fraises cultivés en serre,
Des industries d'élevage de bourdons existent au Japon et en Israël notamment. Le Mexique et la Chine développent actuellement la leur, indique cette entomologiste.
Cela montre "que cette industrie est importante" et pourrait compenser les lourdes pertes subies par les abeilles domestiques et les bourdons.
"Les abeilles souffrent énormément et nous devons commencer à promouvoir d'autres espèces de pollinisateurs comme les bourdons pour l'apiculture... et c'est ce que s'efforce de faire un des membres de notre équipe (...)" relève Sydney Cameron. Des reines bourdon appartenant à d'autres espèces sauvages sont par conséquent apportées dans un laboratoire où sont notamment observées leurs colonies.
Les nids de bourdons contiennent beaucoup moins d'individus que les ruches, généralement de 250 à 300 contre de 5.000 à 10.000, voire 20.000. "Nous ne créons pas de nouveaux insectes mais étudions en laboratoire d'autres espèces sauvages pour déterminer si elles peuvent être utilisées par l'industrie de la pollinisation" dit-elle.
Cette scientifique a souligné que d'autres facteurs non étudiés dans l'étude pourraient contribuer au déclin des bourdons nord-américains comme les pesticides ou le changement climatique.
Cette étude est parue dans les Annales de l'Académie Nationale américaine des sciences.