Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat est une nouvelle fois montré du doigt suite à une prévision qui pourrait être erronée (sur la fonte des glaciers himalayens).
Dans son 4e rapport en 2007, le GIEC avait prévenu que les glaciers de la chaîne de l'Himalaya reculaient plus vite que les autres glaciers dans le monde et qu'ils "pourraient disparaître d'ici à 2035, voire avant". Or, l'échéance de 2035 pourrait n'être fondée sur aucune recherche selon les révélations du Sunday Times.
Le changement du climat est bien réel
Selon son président, l'Indien Rajendra Pachauri, le Giec va donc mener une enquête sur ces récentes accusations mettant en cause les prévisions sur la disparition des glaciers de l'Himalaya en 2035.
Mais ce dernier a défendu son groupe mardi (19 janvier) : «Même si cette prévision était erronée, il n'en demeure pas moins que le changement climatique est réel. Disons qu'on s'est trompé d'un chiffre mais cela n'enlève rien aux preuves scientifiques sur ce qui affecte le climat sur cette terre".
Le Giec, une nouvelle fois discrédité ?
L'annulation de ces prévisions sur la fonte rapide des glaciers de l'Himalaya pourrait encore jeter le discrédit sur ces experts mais devrait en revanche réjouir les sceptiques du changement climatique. Cette affaire pourrait constituer une nouvelle humiliation pour les spécialistes du climat de l'ONU après l'affaire du "climategate", le scandale des courriels piratés d'experts soupçonnés de manipuler des données pour étayer la thèse d'un réchauffement dû aux activités humaines
Le professeur Georg Kaser, de l'Institut de glaciologie d'Innsbrück (Autriche) aurait prévenu ses pairs du Giec d'une erreur sur l'Himalaya. "Fin 2006 (...) j'ai pris connaissance de cette erreur et de quelques autres. C'était après la dernière revue, mais avant la publication, donc on avait encore une possibilité de modifier le texte. Je l'ai fait remarquée. Pour une raison que j'ignore, ils n'ont pas réagi" a-t-il indiqué.
Le ministre indien de l'Environnement Jairam Ramesh a plusieurs fois contesté les affirmations du GIEC, estimant qu'il n'y avait pas de "preuve scientifique concluant" à un lien entre le réchauffement climatique et la fonte des glaciers.
Le saviez-vous ?
Créé en 1988 par l'Organisation météorologique mondiale et le Programme pour l'environnement des Nations unies à la demande du G7 (le groupe des sept pays les plus industrialisés), il a pour rôle d'expertiser et de synthétiser les travaux de recherche sur le climat conduits dans les laboratoires du monde entier.
Le GIEC est organisé en trois groupes de travail :
Le premier est chargé d'évaluer les aspects scientifiques du phénomène
Le second groupe examine les conséquences du changement climatique et les possibilités d'adaptation
Le troisième s'intéresse aux impacts économique et solutions pour limiter les émissions de gaz à effet de serre.
Le rapport du GIEC comporte traditionnellement quatre chapitres :
le premier porte sur les prévisions purement physiques du changement climatique
le second sur les impacts régionaux et l'adaptation des systèmes naturels
le troisième sur les impacts économiques
le dernier est un "résumé à l'attention des décideurs" qui s'appuient sur ces travaux pour fonder la riposte politique au réchauffement.
Dans son quatrième rapport en 2007, le Giec prévoyait une hausse des températures moyennes de la planète de 1,8 à 4°C, pouvant aller jusqu'à +6°C.