Selon des chercheurs suisses, les sols de la forêt tropicale peuvent stocker durablement d'importantes quantités de CO2 sous forme de calcaire. Certains arbres puisent dans le sol des minéraux contenant le calcium dont ils ont besoin et le stockent en quantité importante sous forme de cristaux d'oxalate de calcium. Lors de la décomposition de l'arbre, ces cristaux sont dégradés en calcaire, ont indiqué les professeurs Michel Aragno et Eric Verrechia des universités de Neufchâtel et de Lausanne.
Un argument supplémentaire pour la préservation et la gestion durable de la forêt tropicale
"La biomasse ne stocke le CO2 que de manière transitoire car celui-ci est restitué lors du processus de décomposition, tandis que le calcaire a un temps de résidence qui peut atteindre un million d'années", relèvent les chercheurs. "C'est un argument supplémentaire pour la préservation et la gestion durable de la forêt tropicale pour lutter contre l'effet de serre. On gagne sur tous les tableaux car le calcaire fertilise le sol tropical qui en est normalement dépourvu, permettant d'améliorer la pratique de la culture en sous-bois", " a souligné Michel Aragno. Ils ont également indiqué :
"Un seul arbre suffirait à stabiliser sous forme de calcaire la concentration de CO2 dans la colonne d'air située au dessus d'une surface de 1.000 m2".
Sous les climats tempérés, le calcaire est présent naturellement
Plusieurs essences, présentes en Afrique et en Amazonie, sont capables de contribuer à cette transformation, selon les deux chercheurs qui citent notamment l'Iroko, un arbre dont le bois est recherché. En revanche, sous les climats tempérés, le calcaire est présent naturellement dans le sol et les arbres y puisent le calcium dont ils ont besoin et le restituent ensuite, donnant un bilan nul en terme de stockage durable de CO2.