Les participants au Grenelle de la mer se sont réunis pour leur table ronde finale afin d'arrêter une série de propositions concrètes destinées à préserver la mer et ses ressources. Et il y a eu des avancées concernant notamment le développement des énergies marines et la création d'une filière française de démantèlement des navires en fin de vie.
Développons les énergies marines !
Les acteurs de ce Grenelle de la mer sont d'accord pour développer les énergies marines. Un "plan énergie bleue" va être lancé, financé par l'Ademe, l'objectif étant d'arriver à produire au moins 6000 MW avant 2020 en utilisant la houle, les marées, les courants, les différences de température entre la surface et le fond, a annoncé Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie.
"Il y a un consensus sur la nécessité de développer les énergies marines (énergie marémotrice, hydroliennes flottantes, éoliennes en mer...) a assuré Denez Lhostis, représentant de France nature environnement . "On va mettre en place un certain nombre de démonstrateurs dans les départements d'Outre-mer et sur les côtes françaises" a-t-il précisé. "On a proposé que les énergies marines représentent 3% des énergies renouvelables d'ici 2020", a-t-il ajouté.
Et le chalutage en mer profonde ?
En ce qui concerne cette pratique de pêche, une mission d'étude va être confiée à Louis Le Pensec, ancien ministre de la Mer. Il s'agit de "voir comment conjuguer la défense de l'environnement et le chalutage en eau profonde". Mais "il faut avancer à un rythme acceptable pour les pêcheurs. Car "ce n'est pas aux pêcheurs de supporter le coût social et économique" d'une éventuelle réforme des techniques de pêche" a déclaré Bruno Le Maire, ministre de l'agriculture.
Le saviez-vous ?
Le chalutage de fond consiste à traîner d'énormes filets lourdement lestés sur le plancher océanique. Cette technique appauvrit les stocks de poissons et la diversité de la vie sous-marine. Sur son passage, il détruit les récifs de corail, les bancs de poissons et les habitats vulnérables des fonds marins. Les poissons perdent ainsi leur biotope et ne peuvent plus se développer et se reproduire correctement.
Le thon rouge et le requin taupe enfin tranquilles ?
Les participants au Grenelle de la mer vont aussi proposer le classement du thon rouge et du requin taupe parmi les espèces protégées à l'annexe 2 de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction.
Ces espèces, dont le stock s'effondre en raison de la surpêche, ne pourront être pêchées que de manière "encadrée et durable" a expliqué Antoine Foucher, de Greenpeace.
Création d'une filière française de démantèlement et de déconstruction des navires civils ou militaires en fin de vie
Un "Monsieur" ou une "Madame démantèlement" sera désigné(e) pendant l'été. "Il faudra bâtir un programme et désigner les lieux" a précisé Jean-Louis Borloo. Ce dernier a d'ailleurs souligné que des emplois pourraient être crées car "il y a des milliers de bateaux à démanteler".
Et les bateaux du futur ?
Une réflexion va être engagée concernant le développement de "navires intelligents du futur", notamment des cargos écologiques propulsés en partie par une voile géante pour en réduire la consommation de 20 à 30% selon la force du vent.
Les cargos, qui voguent sur les mers et océans, sont responsables à hauteur de 4% des émissions de dioxyde de carbone (CO2).
Enfin, un accord a également été dégagé concernant le développement des aires marines protégées qui devront représenter 20% des zones économiques exclusives (200 milles au delà des côtes) d'ici 2020.
Ces propositions destinées à préserver la mer et ses ressources, seront soumises à l'arbitrage du président de la République Nicolas Sarkozy.