Deux études montrent que la calotte polaire du Groenland est dégradée par des courants marins chauds, qui remontent le long des fjords et fait fondre les glaciers en bord de mer sous la surface de l'eau.
La fonte de cette calotte contribue notamment à l'élévation générale du niveau des mers, qui est passée de 1,8 millimètre par an dans les années 1960 à 3 mm par an actuellement.
Selon un scénario catastrophe, le niveau des mers s'élèverait en moyenne de sept mètres si la calotte glaciaire du Groenland fondait entièrement, engloutissant la plupart des villes côtières de la planète.
Les raisons de la fonte accélérée des glaces groenlandaises font parler
Pour certains scientifiques, elle résulte directement du réchauffement atmosphérique, plus accentué dans le Grand Nord que sur l'ensemble de la planète. Mais l'accélération du déplacement des glaciers en direction de la mer est trop rapide pour être uniquement due à la fonte de la seule glace de surface.
Pour mieux comprendre les mécanismes en œuvre, une équipe a mesuré les températures de l'eau dans le fjord de Sermilik, qui relie le glacier Helheim (est du Groenland) à l'océan.
Les scientifiques ont trouvé un courant d'eau profond pénétrant dans le fjord à une température de 3 à 4°C, assez chaud pour fragiliser la base des glaciers et accélérer leur mouvement vers la mer.
Les instruments, placés dans le fjord durant huit mois, ont aussi montré que les vents qui balaient les côtes jouent un rôle majeur dans cette arrivée de courants chauds.
Dans une autre étude sur quatre glaciers de la côte ouest du Groenland, les scientifiques ont également établi que "les eaux océaniques font fondre une part considérable, mais variable des fronts glaciaires (l'avant des glaciers), qui se désintègrent pour former des icebergs".
Durant l'été, entre 20 % et 80 % de l'écoulement des glaciers seraient provoqués par les courants marins, estime l'équipe de Eric Rignot du Jet Propulsion Laboratory en Californie. Ces études ont été publiées dimanche (14 février) dans la revue spécialisée Nature Geoscience.