Neuf jours après le séisme meurtrier, qui a ravagé Port-au-Prince et ses environs le 12 janvier, les recherches permettant de retrouver des survivants touchent à leurs fins. Alors que les sauveteurs sont toujours sur place, le directeur général du Fonds monétaire international a appelé mercredi à lancer "une sorte de plan Marshall" pour reconstruire Haïti.
Les premiers bilans de la catastrophe s'établissaient toujours à 75.000 morts et 250.OOO blessés. Ce séisme a fait "au moins 500.000 sans-abri" a estimé jeudi l'Organisation internationale pour les migrations. Selon la Protection civile haïtienne, cette catastrophe aurait fait un million de sans-abri.
Des conditions d'hygiène abominables
Quant aux milliers d'Haïtiens, touchés par cette catastrophe humanitaire, ils attendent l'eau et les vivres, souvent dans des conditions d'hygiène épouvantables et la peur des violences.
Des femmes se lavent près des immondices, des enfants font leurs besoins au milieu des rescapés, des survivants boivent de l'eau non potable, provoquant diarrhées et infections.
Les recherches de survivants bientôt interrompues
Les 1.800 sauveteurs et 161 chiens luttent contre-la-montre car les Etats-Unis vont achever "très bientôt" la phase de recherche des survivants pour passer au ramassage des corps et au déblaiement de la capitale dévastée. A ce jour, 121 personnes ont été extraites des décombres. A Port-au-Prince, huit hôpitaux et le navire-hôpital américain Comfort, et ses 1.000 lits sont opérationnels. Près de 400.000 habitants de la capitale se sont regroupés dans plus de 300 campements improvisés dans la capitale, selon l'Onu.
La sécurité risque de se dététiorer
Certains sinistrés ont réussi à amasser de l'eau, des vivres ou de l'essence les revendent à prix d'or, provoquant une flambée des prix.
"S'il n'y pas de distribution rapidement, la sécurité va se détériorer parce que les gens ont faim et soif, et que les gangs sont revenus" a prévenu mercredi le chef du commissariat de Cité soleil, un quartier pauvre de la capitale haïtienne.
Des soldats américains patrouillent donc dans les rues commerçantes du centre pour dissuader les pillards. En province, deux camions remplis de nourriture n'ont pas pu livrer mercredi leur précieuse marchandise à Léogâne, à 30 kilomètres à l'ouest de Port-au-Prince, en raison de bagarres survenues dans la foule. L'armée américaine va envoyer 4.000 soldats supplémentaires.
Les opérations humanitaires se déployaient sous la protection des troupes américaines
Le port de la capitale, où un bâtiment français a déchargé mercredi de l'aide humanitaire, devrait être rouvert vendredi (22 janvier). Sa réouverture va permettre de désengorger le trafic à l'aéroport international de Port-au-Prince, où convergent pour l'instant troupes, matériel et aide humanitaire.
L'armée canadienne remet en état l'aéroport de Jacmel, distant d'environ 50 kilomètres, a annoncé mercredi le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay. Plus de 300 campements improvisés regroupent environ 370.000 sans-abri dans la capitale haïtienne, selon l'Organisation internationale pour les migrations. Le gouvernement haïtien avait estimé mardi le nombre total de sans-abri à un million.
Les promesses de dons affluent
Des promesses de dons de plus de 1,2 milliard de dollars ont été recueillies, selon l'ONU. 61 personnes sont mortes et près de 180 sont encore portées disparues, a indiqué jeudi le porte-parole de l'ONU, Martin Nesirky.
Aux Etats-Unis, plus de 22 millions de dollars de dons ont été collectés uniquement par SMS.
Le Brésil, qui comma nde la Mission de stabilisation de l'ONU (Minustah) en Haïti, prévoit de doubler son contingent, qui passerait de 1.300 à 2.600 militaires.
Nouvelle réplique et nouvelle scène de panique
Une nouvelle secousse de magnitude 6,1 selon l'Institut de géophysique américain (USGS), a donné lieu à des scènes de panique à Haïti mercredi. Ce séisme s'est produit à 60 kilomètres à l'ouest de Port-au-Prince. Son hypocentre a été localisé à une profondeur de seulement 9,9 kilomètres. Au moins trois bâtiments se sont effondrés à Port-au-Prince et à Carrefour, une banlieue proche.
Vingt-deux Français sont morts et onze sont toujours portés disparus, selon un nouveau bilan provisoire annoncé jeudi par le ministère des Affaires étrangères.