Le ministre de la Santé d'Haïti, Alex Larsen, s'attend lundi (25 janvier) à un bilan de 150.000 morts après le tremblement de terre du 12 janvier, précisant que 90.000 cadavres avaient déjà été dénombrés par les autorités.
A ce jour, 133 personnes ont été dégagées vivantes des décombres depuis le tremblement de terre qui a fait plus de 194.000 blessés et un million de sans-abri. Selon le ministère haïtien de l'Intérieur, la moitié des maisons de Port-au-Prince, Jacmel et Léogâne, les trois villes les plus affectées, sont détruites.
Les répliques se multiplient
Haïti et ses environs ont été secoués dimanche (24 janvier) par une énième réplique de magnitude 4,7, a notamment annoncé l'Institut géophysique américain (USGS). Depuis le séisme de magnitude 7 survenu le 12 janvier, Haïti a ressenti une cinquantaine de répliques, dont la plus forte a atteint 5,9 d'intensité.
Le cauchemar n'est pas encore fini ?
Le risque de puissantes répliques en Haïti au cours des 30 prochains jours est élevé, a récemment avoué l'USGS qui évalue à 25 % la probabilité d'une ou plusieurs secousses secondaires d'intensité 6 durant cette période.
Les répliques dépassant 5 d'intensité sont largement ressenties et peuvent provoquer des dégâts supplémentaires, souligne l'US Geological Survey.
L'USGS chiffre à moins de 3 % le risque d'une ou plusieurs secousses secondaires d'intensité 7 durant les quatre prochaines semaines mais évalue à 90 % la probabilité de répliques de magnitude 5 ou supérieures pendant cette période. La faille responsable du séisme de Port-au-Prince fait partie d'une zone sismiquement très active située entre les plaques tectoniques d'Amérique du nord et des Caraïbes.
La fin des recherches de survivants décrétée
1.400 résidents haïtiens ont été évacués vers la Martinique, la Guadeloupe et la France, a indique l'ambassadeur de France, Didier Lebret. Sur le terrain, des secouristes français ont levé le chantier car le radar ne détectait plus rien. Idem pour les équipes légères de recherches et de secours, envoyées par divers pays. Elles ont commencé à plier bagage mais les équipes équipées de matériels lourds de levage et forage sont désormais employées à déblayer.
La population fuit la capiale haïtienne
Selon l'Onu, plus de 235.000 de personnes ont quitté Port-au-Prince pour les régions rurales d'Haïti moins affectées par le séisme et jusqu'à 800.000 personnes vivent dans des camps de fortune dans la capitale haïtienne, où les pillages se multiplient souvent sous le regard impuissant de la police qui a perdu de nombreux hommes alors que des criminels. Environ 4.000 détenus ont ainsi réussi à s'enfuir du pénitencier principal de Port-au-Prince suite à ce séisme.
Où en sont les opérations humanitaires ?
La distribution de nourriture, d'eau, de soins médicaux et d'abris se poursuivait. Près de 610.000 personnes sont hébergées dans 500 camps de fortune et plus d'une trentaine d'hôpitaux avec capacité opératoire fonctionnent. Le chef de la mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (Minustah), Edmond Mulet, a affirmé dimanche avoir d'énormes besoins en personnel, en soldats, en essence et en véhicules pour faire parvenir l'aide à la population. "J'ai besoin de personnel. J'ai besoin de soldats (...). Et nous avons aussi besoin de voitures, de camions" et d'essence pour aider la population, a dit Edmond Mulet.
L'Organisation internationale des migrations a distribué de l'aide non alimentaire, notamment des couvertures, bâches et jerrycans, à 112.497 personnes dimanche. De l'eau potable est distribuée dans 115 endroits de Port-au-Prince à 235.000 personnes par jour en moyenne.