La flore sur l'île de la Réunion est menacée puisque près d'une espèce végétale sur trois pourrait disparaître, a récemment indiqué le Muséum national d'Histoire naturelle et le comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Les chiffres parlent d'eux-mêmes
Sur les 905 espèces indigènes de fougères et de plantes à fleurs connues sur l'île, 49 espèces (5,4 %) ont déjà disparu et 275 autres (30,4 %) sont aujourd'hui menacées.
La particularité de la Réunion est de compter "237 espèces végétales (qui) ne se rencontrent nulle part ailleurs, parmi lesquelles 82 sont menacées (soit 3 5%)" ajoutent les auteurs de cet état des lieux.
L'Homme encore montré du doigt
En détruisant et en dégradant les habitats naturels, l'homme reste la principale cause de la régression des espèces végétales réunionnaises. Voyez plutôt ! Le Bois de lait, arbuste de la zone littorale classé "en danger critique d'extinction" dans cette "Liste rouge" est notamment victime du développement urbain et agricole. Le Petit Tamarin des Hauts, classé "en danger", a vu ses effectifs décliner de 50 % depuis le milieu du XIXe siècle principalement en raison du pâturage et des feux.
Quand la beauté peut être fatale !
Les orchidées sont en effet récoltées à des fins commerciales. Le Bois de ronde est exploité pour son écorce puis récolté car il a des "vertus thérapeutiques".
Les espèces introduites également dangereuses
La flore locale doit aussi se battre contre les "espèces végétales introduites", qualifiée de "menace majeure". Parmi ces "espèces introduites" figure "la Liane papillon, qui affecte les derniers vestiges de la forêt semi-sèche et menace des espèces comme le Bois de chenilles, arbuste classé en danger critique d'extinction" constatent les auteurs de cet état des lieux.
Le Muséum et le Comité français de l'UICN réalisent une Liste rouge des espèces menacées en France. Elle permettra de dresser le bilan de l'état des espèces présentes en métropole et en outremer. Elle doit aussi permettre d'affiner au niveau français l'état des lieux établi au niveau mondial par la "Liste rouge" de l'UICN. Et cette liste promet d'être longue.