Alors qu'un séisme de magnitude 6 a une nouvelle fois été ressenti à l'est de Tokyo mercredi après-midi (heure du Japon), la crainte d'une catastrophe nucléaire majeure s'est encore accrue suite à une nouvelle explosition dans la centrale nucléaire de Fukushima 1. Le scénario catastrophe s'écrit au Japon. Lisez plutôt !!!
Le dernier moyen trouvé pour tenter de refroidir les combustibles radioactifs de la centrale de Fukushima est d'envoyer de l'eau sur les parties sensibles de la centrale grace à des pompes à haute pression. Ce sont les Etats-Unis qui vont fournir ces pompes à eau aux autorités japonaises pour arroser les réacteurs de la centrale nucléaire annonçait mercredi l'armée américaine.
en début de journée, un hélicoptère qui devait déverser de l'eau sur le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Fukushima, a vu sa mission écourtée en raison d'un taux trop élevé de radioactivité au-dessus de ce site, a indiqué l'agence Kyodo. Cette eau devait refroidir le combustible qui menace d'entrer en fusion, selon la chaîne NHK. Cet enchaînement de catastrophes depuis le puissant séisme et le tsunami survenus vendredi dernier nourrit les vives craintes d'une contamination radioactive dans l'archipel mais aussi dans les pays voisins comme la Russie et la Chine.
La ville de Tokyo tremble encore
Au propre comme au figuré, la ville de Tokyo a de nouveau tremblé mercredi. L'épicentre de ce nouveau tremblement de terre était situé au large de la préfecture de Chiba, à l'est de la capitale, a indiqué l'Agence de météorologie japonaise. Sa profondeur était de seulement 10 kilomètres, a précisé l'organisme.
Nouvel incendie dans la centrale de Fukushima 1
Un nouvel incendie sur le réacteur 4 de la centrale japonaise de Fukushima 1 a été constaté mercredi mais il semblait éteint. Un nuage de fumée sortant du bâtiment extérieur du réacteur 4 a été vu mercredi matin au-dessus de la centrale nucléaire de Fukushima, où quatre réacteurs sont accidentés depuis le séisme de magnitude 9, selon des images diffusées en direct à la télévision.
La piscine de stockage de combustible usé du réacteur 4 de la centrale nucléaire de Fukushima constitue désormais "la principale préoccupation" avec des risques de rejets radioactifs "directement dans l'atmosphère" a estimé mercredi l'Autorité de sûreté nucléaire française.
Dans ce réacteur, où des incendies se sont déclarés mardi et mercredi avant d'être maîtrisés, "la vaporisation de l'eau de la piscine se poursuit" entraînant une baisse du niveau d'eau dans ces piscines où est stocké du combustible usé et radioactif, a indiqué l'ASN.
"Le dénoyage du combustible peut conduire à un éclatement des gaines de combustible. Les autorités ont indiqué que des rejets radioactifs sont susceptibles d'être émis directement dans l'atmosphère" a souligné l'organisme français.
L'enceinte de confinement du réacteur 3 endommagée ?
Le porte-parole du gouvernement a également annoncé que l'enceinte de confinement du réacteur 3 de la centrale nucléaire de Fukushima avait peut-être été endommagée. De la fumée a en effet été aperçue au-dessus du réacteur 3. "Selon le scénario le plus probable, de la vapeur s'est échappée depuis l'enceinte de confinement et de la fumée été aperçue" a-t-il ajouté.
Des opérations de refroidissement du combustible nucléaire usé contenu dans les piscines des réacteurs n°5 et n°6 de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, endommagée par le séisme du 11 mars, sont encours, a annoncé mercredi (16 mars) le gouvernement nippon.
Nouveau pic de radioactivité à l'entrée de la centrale
Mercredi à 10h30 (heure de Paris), le niveau de radiation relevé "près de la centrale" était de 1.500 microsieverts (soit 1,5 millisievert) par heure. Le niveau de radiation normal est d'environ 0,035 microsievert par heure.
Mercredi vers 02h45 (heure de Paris), la radioactivité mesurée à l'entrée de la centrale nucléaire de Fukushima avait atteint un nouveau pic, a rapporté l'agence japonaise de sûreté nucléaire. Le niveau autour de la porte d'entrée est monté à 6,4 millisieverts avant de retomber à 2,9 millisieverts" selon un responsable de l'agence.
Tokyo touchée par des rejets radioactifs
Selon le porte- parole du gouvernement, Yukio Edano, le niveau de radioactivité près de l'entrée varie grandement d'heure en heure à des niveaux qui continuent à être nocifs pour la santé".
Des rejets radioactifs, poussés par les vents, sont arrivés mardi jusqu'à Tokyo, peuplée de 35 millions d'habitants, mais en quantité trop faibles pour représenter un quelconque danger.
Le saviez-vous ?
A partir d'une dose de 100 millisieverts reçue par le corps humain, les observations médicales font état d'une augmentation du nombre des cancers.
Pas de danger pour la santé au-delà de 20 km
Les radiations au-delà de la zone d'exclusion de 20 kilomètres autour de la centrale nucléaire de Fukushima "ne posent pas de danger immédiat pour la santé" a déclaré le porte-parole du gouvernement japonais, Yukio Edano. "Les radiations autour de la centrale nucléaire de Fukushima sont à un niveau stable". Plus de 200.000 personnes ont été évacuées dans un rayon de 20 kilomètres autour de la centrale accidentée.
"Restez à l'intérieur, fermez les fenêtres"
Les personnes habitant entre 20 et 30 kilomètres, elles doivent rester calfeutrées chez elles. "Restez à l'intérieur, fermez les fenêtres, ne mettez pas en marche les ventilateurs et ne sortez pas votre linge" a déclaré le porte-parole du gouvernement.
Le personnel de la centrale nucléaire de Fukushima, qui avait été évacué mercredi matin en raison d'une brusque montée des mesures du niveau de radioactivité mesurée sur le site, est revenu pour poursuivre les opérations, d'après l'exploitant, Tokyo Electric Power.
Un vendredi maudit qui restera à jamais gravé dans les mémoires
Le séisme de magnitude 9 et le puissant tsunami, dont certaines vagues de dix mètres ont tout balayé sur leur passage, ont sérieusement endommagé la centrale nucléaire de Fukushima, dans le nord-est du Japon, où les réacteurs 1, 2, 3 et 4 ont été touchés par une explosion.
Un des incendies survenus mardi sur le réacteur 4 a été provoqué par de l'hydrogène et l'explosion a entraîné un trou dans le toit du bâtiment. Il faut savoir que le réacteur 4 était à l'arrêt pour maintenance au moment du séisme mais ce dernier contient encore des barres de combustible radioactif qui présentent un danger si elles restent hors d'eau. Ces dernières se trouvent dans une piscine de refroidissement spéciale, située dans l'enceinte de confinement, au-dessus du coeur du réacteur.
Les systèmes habituels de refroidissement sont tombés en panne après le séisme et le tsunami. En ce qui concerne l'enceinte de confinement du réacteur 2, elle a également été endommagée après une explosion mais l'étendue des dégâts, notamment sur l'étanchéité de l'enceinte, reste incertaine.
L'accident de Fukushima a atteint un niveau de gravité 6 sur l'échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, qui en compte 7, a fit savoir mardi le président de l'Autorité française de sûreté nucléaire, André-Claude Lacoste.
Le transport aérien bientôt perturbé ?
Le Centre d'observation des cendres volcaniques de Londres a émis pour les avions un avis sur les dangers liés à la radioactivité provoquée par la centrale nucléaire accidentée Fukushima au Japon. L'avis adressé couvre 10 régions de l'espace aérien situées au Japon, en Russie, en Chine, aux Etats-Unis et en Corée du Sud. La majorité des avions de ligne continuent à se poser à Tokyo, à l'exception de ceux de la compagnie allemande Lufthansa, qui, mardi a détourné ses vols vers d'autres aéroports japonais.
Porter secours aux vivants
Outre le nucléaire, l'autre priorité des autorités nippones est de porter secours aux plus de 500.000 sinistrés accueillis dans des écoles ou des salles municipales. Les 100.000 soldats mobilisés, épaulés par de nombreux secouristes étrangers, ont été chargés de répondre aux énormes besoins en eau potable et en vivres, et de remettre en état de marche les infrastructures (routes, téléphone, etc.). Le bilan officiel mercredi soir était de 4.314 morts confirmés, 8.606 disparus et 2.282 blessés.