Des associations de défense de l'environnement dénoncent deux vastes programmes de déforestation qui menaceraient des colonies d'orangs-outans, ainsi que des tigres, vivant en liberté sur les îles indonésiennes de Bornéo et Sumatra.

Menaces à Bornéo...
Une vaste zone forestière a été déboisée dans le parc national de Kutai, dans l'est de Bornéo, pour la construction d'une route de 60 km, selon le Centre pour la Protection des Orangs-outans (COP).
L'association accuse les autorités provinciales d'avoir, en plus de la route, autorisé l'"urbanisation" d'une partie du parc naturel, qui comprend désormais "un aéroport, des stations services, un terminal de bus et même un complexe de prostitution".
Ces travaux ont fortement affecté l'habitat des grands singes roux y vivant, dont le nombre "est tombé à seulement 30 à 60 individus" contre "600 en 2004", affirme Hardi Baktiantoro, du COP.
Un porte-parole du ministère de la Forêt, Masyhud, a reconnu que les travaux avaient "endommagé l'habitat des singes", mais estime toutefois que le COP "exagérait" leur impact.

... et à Sumatra
Ce programme, dénoncé notamment par le WWF, met en cause un projet mené par les géants papetiers Asia Pulp and Paper (APP) et Sinar Mas Group (SMG). Ce projet prévoit le déboisement d'une zone forestière naturelle dans la province de Jambi (centre de Sumatra), pour une plantation destinée à la production de pâte à papier.
Or, cette jungle, située aux portes du parc national de Bukit Tigapuluh, est "l'une des plus importantes pour la biodiversité en Indonésie", selon le WWF. Elle abrite un programme de réintroduction des orangs-outans, avec une centaine d'individus, ainsi que plusieurs dizaines de tigres et d'éléphants de Sumatra, deux espèces en danger de disparition.
"Le projet d'APP est dévastateur. Il entraînera certainement de nouvelles pertes humaines car les tigres s'approchent des hommes lorsque les forêts disparaissent", avertit Dolly Priatna, de la Zoological Society de Londres.
APP défend ce projet en affirmant que, "lorsqu'elles sont bien gérées, les plantations servent de zones tampon contre la déforestation illégale, assurant une meilleure protection des zones sauvages".