Les habitants du Queensland (nord-est de l'Australie), qui n'ont pas été épargnés par les inondations ces derniers jours, s'apprêtent encore à vivre des heures sombres !
Une alerte aux orages et aux fortes précipitations a été émise mercredi pour le sud du Queensland et ces nouvelles intempéries devraient faire monter le niveau des eaux.
Les cours d'eau à des niveaux record dans de nombreux endroits menacent désormais des villes de l'Etat voisin de Nouvelle Galles du Sud.
La Grande Barrière de corail est menacée
Quarante villes étaient déjà coupées du monde, a annoncé le Premier ministre du Queensland Anna Bligh. Ces pluies menacent désormais la Grande Barrière de corail. Les débris et pesticides charriés par les eaux boueuses rejetées en mer constituent un "cocktail" dangereux pour l'équilibre fragile de cet écosystème unique, site inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. Ces eaux rejetées ont "le potentiel de perturber la chaîne alimentaire et la vie des coraux" a estimé Michelle Devlin, de l'Université James Cook.
Selon le Bureau australien de la météorologie, le niveau de la rivière Fitzroy qui arrose la ville sinistrée de Rockhampton devrait atteindre un pic mercredi à 9,40 mètres.
Son niveau devrait rester largement au-dessus de son niveau d'alerte pendant une semaine après avoir atteint son pic.
Cette municipalité, qui abrite 75.000 habitants, est l'une des principales villes de cette région agricole et minière, touchée par des inondations qualifiées de "bibliques" par les autorités et qui affectent plus de 200.000 personnes sur une zone grande comme la France et l'Allemagne réunies.
L'économie bientôt sous l'eau ?
La production à l'industrie minière locale, qui fournit la moitié des besoins mondiaux de coke de charbon nécessaire à l'industrie sidérurgique, est paralysée par ces intempéries. "Nos mines sont à 75 % arrêtées en raison des inondations, cela a un gros impact sur les marchés internationaux et sur la production mondiale d'acier" a déclaré le Premier ministre du Queensland Anna Bligh, pour qui "cette catastrophe est sans précédent dans le Queensland par son étendue".
Les services de secours craignent que le niveau des eaux reste élevé pendant au moins deux semaines, favorisant la prolifération de moustiques porteurs de maladies. Ils ont également mis en garde les habitants contre les serpents venimeux et les crocodiles.
Comment expliquer l'ampleur de ces inondations ?
L'ampleur des inondations, qui sévissent actuellement dans le Queensland, s'explique par les précipitations qui se sont succédé depuis l'hiver austral.
Saturés d'eau tout au long du second semestre 2010, les sols n'ont pu absorber les pluies torrentielles qui sont tombées sur le nord-est du pays durant la période de Noël.
2010... une saison particulièrement humide
L'Australie a connu en 2010 la troisième année la plus humide depuis la création de ses archives météorologiques et ces précipitations, dues au phénomène climatique La Niña, devraient se poursuivre au moins trois mois.
La Nina, qu'est-ce donc ?
Ce phénomène est caractérisé par des températures océaniques plus fraîches que la moyenne dans les zones centrales et orientales du Pacifique et plus chaudes dans les zones occidentales. Elle se traduit par de fortes précipitations en Australie et en Asie du sud-est.
L'année dernière, La Niña s'est installé très rapidement en juillet, succédant à un phénomène climatique inverse, El Niño, qui est, en revanche, responsable de la sécheresse en Australie, souligne le Bureau de météorologie.
Et sur le plan des températures ?
L'année 2010 a été la moins chaude de ces neuf dernières années, mais la décennie 2001-2010 a connu les températures les plus élevées dans l'histoire des archives météorologiques nationales. "Ceci souligne que le réchauffement du climat de l'Australie continue, même si des années prises isolément peuvent être plus fraîches que les précédentes" note le Bureau.