De l'eau liquide aurait recouvert toute la surface de Mars, au Nord comme au Sud, il y a plus de 4 milliards d'années, a indiqué l'Agence spatiale européenne. Des sondes ont en effet découvert des argiles hydratés dans les plaines du Nord de Mars.
Au Nord, l'argile qui se forme lorsque des roches volcaniques "barbotent longtemps avec de l'eau", a été identifié dans des cratères creusés dans la plaine par des impacts assez profonds pour atteindre les roches se trouvant sous l'épaisse couche de poussière et de lave recouvrant ces régions. Rappelons que des argiles hydratés avaient déjà été découverts dans les hauts plateaux de l'hémisphère sud de Mars.
Cette eau aurait été présente à la surface de la planète rouge pendant quelques centaines de millions d'années seulement, explique Jean-Pierre Bibring (Institut d'astrophysique Spatiale/université de Paris).
"On a montré qu'il y a bien eu de l'eau, mais pas sous la forme d'un gros océan", et que la croute martienne "a été hydratée de la même manière au Nord et au Sud" a-t-il précisé.
Voici plus de 4 milliards d'années, "il y avait une atmosphère suffisamment dense" permettant la présence d'eau liquide, "ça a duré 100, 200, 300 millions d'années" résume-t-il.
Des conclusions contradictoires
Une équipe américaine affirmait qu'un vaste océan aurait couvert un tiers de la surface de Mars voici 3,5 milliards d'années, dans une étude parue le 13 juin dans la revue Nature Geoscience.
"Il y a 3,5 milliards d'années, Mars avait déjà perdu son atmosphère, l'eau n'était plus stable à l'état liquide en surface" avance Jean-Pierre Bibring.
D'énormes torrents ont alors pu couler, mais sans que l'eau reste assez longtemps en surface pour "alimenter de océans pérennes" poursuit-il.
"Si la pression et la température ne permettent pas à l'eau d'être stable à l'état liquide, une partie va s'évaporer, être chassée de la planète, l'eau peut aussi rentrer dans le sol". Elle peut rester en surface "des jours, des semaines, mais pas des millions d'années" explique-t-il.