Peter Wadhams, professeur à l'université de Cambridge, a déclaré : "La banquise disparaîtra complètement en été dans 20 à 30 ans mais aura fortement diminué dans bien moins longtemps. Dans une dizaine d'années, l'océan arctique sera considéré comme une mer ouverte" à la navigation pendant la saison estivale.
Ces conclusions sont possibles grâce aux données récoltées pendant une mission réalisée au printemps par l'explorateur britannique Pen Hadow.
Pen Hadow et son équipe, qui ont parcouru 450 kilomètres, ont constaté que l'épaisseur moyenne de glace relevée était de 1,8 mètre et, sur les crêtes formées par la pression, elle était de 4,8 mètres.
Un exemple concret du réchauffement climatique
"Une épaisseur de 1,8 m est caractéristique d'une glace formée dans l'année, qui est plus vulnérable pendant l'été. Et la glace accumulée sur plusieurs années se rétracte de manière accélérée" a poursuivi Peter Wadhams. "C'est un exemple concret du réchauffement climatique en action" a-t-il ajouté.
Il y aura un impact au-delà de l'Arctique
Pour le docteur Martin Sommerkorn du Fonds mondial pour la nature (WWF), "l'étude dresse un tableau très sombre concernant la fonte de la banquise" qui est "plus rapide que ce que nous pensions", précisant que cette disparition aurait "un impact au-delà de l'Arctique".
Outre la disparition de la faune, cette fonte provoque aussi une augmentation du niveau des océans, des modifications atmosphériques et des courants maritimes. Et ce n'est pas tout ! Elle libèrera aussi des volumes très importants de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, a-t il expliqué.
Selon Martin Sommerkorn, le permafrost arctique (terres gelées en permanence) renferme deux fois plus de CO2 que l'atmosphère et les fonds marins gelés de l'Arctique en renferment plus que les réserves cumulées de charbon, pétrole et gaz de la planète.