Le premier producteur d'huile de palme en Indonésie, Sinar Mas, est pointé du doigt par Greenpeace. Selon l'organisation écologique, le groupe n'a pas tenu sa promesse : cesser de détruire des forêts tropicales et des tourbières profondes sur l'île de Bornéo.
Pour Greenpeace, le groupe Sinar Mas, via sa filiale Smart spécialisée dans l'huile de palme, "a continué à déboiser des forêts à haute valeur de conservation en dépit de son engagement d'y mettre fin au 1er juillet" a déclaré Bustar Maitar, l'un de ses responsables à Jakarta.
Greenpeace fournit des preuves
Plusieurs photos aériennes prises les 5 et 6 juillet au-dessus d'une large zone de plantations de l'ouest de Bornéo montrent des engins de chantier en activité sur des tourbières de plus de trois mètres de profondeur, selon elle.
Le groupe réfuteces allégations
Il a affirmé que toutes ses plantations avaient été développées "sur des terres déjà dégradées". "Nous ne sommes pas responsables de la disparition des forêts primaires, qui sont l'habitat naturel des orangs-outans (...) Au contraire, nous protégeons des zones à haute valeur de conservation, créant des sanctuaires afin de préserver la biodiversité" a déclaré Daud Dharsono, directeur-général de Smart.
Les accusations de Greenpeace portent leurs fruits
Deux gros clients de Sinar Mas, Unilever et Nestlé, ont suspendu leurs contrats d'approvisionnement. Surpris par ces défections, Sinar Mas a réaffirmé en février son engagement de "respecter des pratiques durables" dans ses plantations, situées essentiellement sur les îles de Sumatra et Bornéo.
Il s'agit notamment de ne pas convertir des terres présentant de fortes capacités de stockage de carbone, comme les tourbières et les forêts primaires. A travers ses différentes filiales, Sinar Mas produit environ 10 % de l'huile de palme de l'Indonésie, premier producteur mondial.
Greenpeace en a remis une couche
Il a affirmé que ce groupe "vise des millions d'hectares en Indonésie pour accroître ses production de pulpe et d'huile de palme", notamment en Papouasie.
Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a annoncé en mai un moratoire de deux ans sur les permis de déforestation en échange notamment d'une aide d'un milliard de dollars de la Norvège.