Le secrétariat de la CITES recommande aux Etats de la Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées, réunis à Doha jusqu'au 25 mars, de ne pas autoriser une vente de 90 tonnes d'ivoire.
Cette décision serait injuste pour la Tanzanie, qui affirme que cet ivoire provient de l'abattage légal et de mortalité naturelle.
"Les efforts de lutte contre le braconnage dans certaines régions du pays semblent inadéquats, les stocks d'ivoire ne peuvent être pleinement vérifiés et les contrôles sur le trafic d'ivoire transitant par la Tanzanie ne paraissent pas satisfaisants" estime-t-il.
Feu vert pour la Zambie ?
En revanche, la CITES donne un avis favorable à la Zambie, qui souhaite mettre 21,6 tonnes d'ivoire légal sur le marché.
Pour Céline Sissler-Bienvenu, experte éléphants du Fonds mondial pour la protection des animaux, "l'avis du secrétariat est surprenant concernant la Zambie, dont de nombreuses preuves indiquent qu'il est impliqué dans certains trafics".
L'éléphant d'Afrique est inscrit à l'Annexe I de la CITES, qui signifie que cette population est menacée d'extinction et que tout commerce le concernant est formellement interdit, sauf dans quatre pays d'Afrique australe : Afrique du Sud, Zimbabwe, Botswana et Namibie.
Pour la Tanzanie et la Zambie, l'inscription de l'éléphant d'Afrique à l'Annexe 1, ne se justifie pas au vu de la bonne santé des populations d'éléphants. Par conséquent, ils ont demandé leur déclassement de l'Annexe I à l'Annexe II. En 2007, la CITES avait adopté un moratoire total sur les ventes d'ivoire jusqu'en 2018 qui est toujours défendu par une coalition de 23 pays africains.
Selon le Fonds mondial pour la protection des animaux, qui appelle à maintenir le moratoire, les éléphants de ces deux pays ont subi "un déclin important au cours des 30 dernières années et sont en train de récupérer d'un braconnage intensif dans les années 80".