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03 novembre 2009 -
09h00 :
Lions mangeurs d'hommes: une légende surfaite
[ NATURE - ANIMAUX ]

La légende de deux lions mangeurs d'hommes, qui auraient tué des dizaines d'ouvriers au Kenya dans les années 1890, est peut-être surfaite, selon une étude publiée lundi aux Etats-Unis. 

Des lions, mangeurs d'hommesRetour vers le passé !

L'ingénieur britannique John Henry Patterson, recruté à l'époque pour abattre les animaux qui terrorisaient un camp d'ouvriers dans la région du Tsavo au Kenya, affirmait que les lions avaient tué 135 personnes à eux deux.
Des chiffres toujours démenties par la société de chemin de fer, la Ugandan Railway Company, qui estimait à seulement 28 le nombre de leurs victimes.

John Henry Patterson Qui a tort ? Qui a raison ? Les divergences sur le point d'être résolues ?

John Henry Patterson a finalement vendu les peaux des deux fauves au musée Field de Chicago (Etats-Unis) en 1924. En analysant leurs poils et des restes de leurs squelettes, des chercheurs ont jugé que le nombre de victimes avancé par la compagnie de chemin de fer était le plus proche de la réalité. Les chercheurs ont déterminé, grâce à une analyse des isotopes, qu'un des lions avait mangé 11 humains et l'autre 24, soit 35 au total, pendant les neuf derniers mois où ils ont semé la terreur.

Et si les lions n'avaient pas consommé toutes leurs victimes ?

Nathaniel Dominy, professeur d'anthropologie à l'université de Californie à Santa Cruz a en effet indiqué qu'il était possible qu'au moins 75 personnes aient été tuées par les fauves mais ces derniers n'auraient semble-t-il pas consommé toutes leurs victimes. En revanche, le chiffre de 135 morts avancé par John Henry Patterson a été exagéré, selon lui.

Une lionneLe régime alimentaire de ces tueurs d'hommes

Au cours des derniers mois qualifiés de "règne de la terreur" par John Henry Patterson , le régime alimentaire d'un des deux lions était constitué pour moitié de chair humaine, le reste étant composé de ruminants de taille moyenne, comme des gazelles ou des impalas. L'autre lion se nourrissait proportionnellement plus d'herbivores, ce qui peut laisser penser qu'ils coopéraient pour poursuivre aussi bien les humains que les animaux, mais qu'ils ne partageaient pas forcément leurs proies.

Un des deux lions souffrait des dents et de la mâchoire

L'étude montre aussi que l'un des fauves souffrait de sérieux problèmes aux dents et d'une blessure handicapante (surtout dans sa chasse) à la mâchoire. Les félins ont pu être attirés vers les ouvriers du chemin de fer et les animaux qui faisaient partie de leur campement à la suite d'une raréfaction de leurs proies traditionnelles pour cause de maladie ou de sécheresse, selon le chercheur. Cette étude est publiée dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences


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