Quand la mort rôde dans le Parc national des Virunga, dans l'est de la République démocratique du Congo ! Des groupes armés, des miliciens et des soldats de l'armée congolaise déciment des animaux notamment pour se nourrir et abattent des arbres pour produire du charbon de bois. La situation ne peut pas être maîtrisée dans ce parc pour la simple et bonne raison que ces hommes sont arméset trop nombreux : "On a eu plusieurs gardes blessés et deux autres tués" a avoué Emmanuel de Mérode, directeur du site.
Les animaux souffrent et disparaissent
"Quatre chimpanzés ont été tués la semaine dernière dans le secteur centre du parc et onze éléphants depuis le début de l'année" a déclaré Emmanuel de Mérode. Il a également évoqué l'abattage "d'une grande quantité de gibiers dont des antilopes".
Le Parc des Virunga, créé en 1925, est frontalier avec l'Ouganda et comprend le lac Edouard, qui abritait en 1980 la population la plus importante d'hippopotames dans le monde : 27.000 individus. Il en reste actuellement moins de 300, selon Emmanuel de Mérode. "Il n'y a plus de poissons dans le lac après la tuerie d'hippopotames qui amenaient l'herbe aux poissons".
Selon un décompte du responsable de l'ONG congolaise Innovation pour le développement et la protection de l'environnement, Bantu Lukamba, "au moins 31 animaux dont 11 oiseaux migrateurs et 3 hippopotames ont été tués sur une période de 21 jours" entre le 25 mai et le 16 juin.
Le Parc national des Virunga classé au patrimoine mondial de l'Unesco
Il abrite notamment 200 gorilles des montagnes et une petite population de gorilles des plaines, une espèce menacée d'extinction. Il présente aussi une diversité d'habitats "incomparable", allant des marécages et des steppes jusqu'aux neiges éternelles du Rwenzori, à plus de 5.000 m d'altitude, en passant par les plaines de lave et les savanes sur les pentes des volcans, selon l'Unesco.