Lors du Sommet d'action pour la Baltique qui s'est tenu à Helsinki mercredi (10 février), les pays riverains de cette mer polluée depuis des années, ont réitéré leurs engagements passés en interdisant notamment l'utilisation de phosphates dans les produits vaisselle.
Cette mer, très peu profonde et quasiment fermée, a une eau saumâtre, qui met longtemps à éliminer les agents polluants. Les produits qui s'y déversent sont les eaux usées non traitées, les polluants chimiques, y compris les déchets agricoles producteurs d'algues responsables du bouleversement de la vie sous-marine.
Les engagements passés sont :
préserver la biosphère
réduire ou éliminer les émissions de déchets et de gaz
recycler les
eaux usées qui étouffent une eau mettant 30 ans à se régénérer
sécuriser le trafic maritime
réduire les émissions sonores et la pollution
On trouve de tout dans la mer Baltique
"Il y a 40.000 tonnes d'armes chimiques dans la Baltique (...) et nous nous attendons à trouver également des armes conventionnelles" a affirmé la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite. De nombreuses épaves de vaisseaux militaires "russes, allemands, britanniques et d'autres nations jonchent le fond de la Baltique, a déclaré la présidente finlandaise Tarja Halonen. Pourtant la Baltique nourrit environ 90 millions de personnes.
Quelle est la principale menace pour la Baltique ?
L'eutrophisation ! Ce phénomène, qui provoque l'appauvrissement en oxygène des eaux profondes, constitue un des principaux problèmes. Elle provoque l'étouffement de la mer par les algues formées en raison du phosphore et de l'azote issus des excréments déversés dans la mer et provenant surtout des exploitations agricoles.
Le vice-Premier ministre polonais Waldemar Pawlak a annoncé un investissement de 8 milliards d'euros dans un programme visant notamment à "réduire de 75 % les excrétions (déversées dans la mer) d'ici à 2015". Selon Greenpeace, les poissons pêchés dans la Baltique contiennent tellement de substances toxiques qu'ils sont déconseillés aux femmes enceintes
Tout le monde n'est pas de cet avis
Pour la directrice du centre de recherche marine auprès de l'Institut finlandais de l'environnement, Mari Walls, la mer propose paradoxalement des solutions écologiques innovantes. Il y a les algues issues de l'eutrophisation, qui peuvent être utilisées à la production de biodiesel.
Elle connait en outre un trafic en pleine expansion
"15 % du trafic cargo mondial se fait dans la Baltique" a noté le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg.
La ministre allemande de l'Agriculture Ilse Aigner a affirmé que son pays travaillait à "la réduction du bruit et des émissions de pétrole" liées au trafic maritime. Il faut aussi y ajouter une surexploitation piscicole, les menaces liées aux substances dangereuses ainsi que les rejets pétroliers ou chimiques.
Des initiatives ont déjà porté leurs fruits
Vladimir Poutine a rappelé les actions prises par la Russie pour assainir la Baltique : création d'usines de traitement des eaux à Saint-Pétersbourg et Kaliningrad.
Le Premier ministre russe a assuré que le gazoduc Nord Stream respecterait les normes environnementales. Ce gazoduc devrait acheminer 55 milliards de mètres cubes par an de la Russie à l'Allemagne en passant sous la Baltique.
La Finlande a indiqué qu'elle allait renforcer son travail d'assainissement de la mer le long de ses côtés d'ici à 2020, se concentrant notamment sur la réduction des fuites de nutriments en provenance du secteur agricole.
Le saviez-vous ? Les neufs pays riverains sont la Russie, la Finlande, la Suède, le Danemark, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et l'Allemagne. Les cours d'eau de la Norvège et du Belarus se jettent dans cette mer.