Un petit sous-marin russe est descendu au fond du lac Baïkal (1.680 mètres) pour étudier son écosystème mais n'a pas réussi à établir le record du monde de plongée en eau douce. Le chef de l'expédition scientifique, Artour Tchilingarov, a reconnu mardi : "Il n'y a pas eu de record. Le premier submersible est descendu à 1.580 mètres et le second à 1.592 mètres". Mais la présence de ces deux submersibles ne sert pas qu'à battre des records mais aussi à observer les eaux du lac Baïkal...dont la faune et la flore très riches et uniques sont en danger. Selon le degré de gravité des informations recueillies, les membres de cette expédition demanderont au gouvernement de la Russie de prendre des mesures pour préserver ce site unique, première réserve d'eau au monde et classé en 1996 au patrimoine de l'humanité de l'Unesco.
Au cours des prochaines semaines, des scientifiques vont étudier les courants, la volcanologie, la vie animale sous toutes ses formes et les dépôts de
gaz (comme le
méthane) voire de pétrole.

Le Baïkal, qui est situé au sud-est de la Sibérie, est le plus ancien et le plus profond lac du monde. Il contient aussi 20 % des eaux douces et non gelées du globe. Ce lac possède donc une très grande variété d'
espèces animales et végétales : près de 2 500 animales (comme le phoque d'
eau douce, l'esturgeon, le saumon ou le gammare géant) et plus de 1 000 végétales (comme les grandes éponges vertes arborescentes...). 90 % des espèces qui vivent dans ces eaux sont bien entendu uniques au monde.

La biodiversité, qui est la variété des êtres vivants selon trois niveaux : diversité génétique, diversité des espèces et diversité des écosystèmes, est unique et toutes ces espèces vivent en équilibre. La
faune et la
flore de ce lac, dont les eaux sont extrêmement claires, se dégradent à cause de la
pollution industrielle, de la
déforestation et du
réchauffement climatique... Ces multiples agressions sont l'oeuvre de l'Homme !

Mais l'Homme tarde à changer ses habitudes. Car cette
pollution ne date pas d'aujourd'hui. Depuis les années 1960, la
pollution du
lac Baïkal provient notamment de l'usine de pâte à papier située à Baïkalsk. Des efforts pour réduire la
pollution et épurer les eaux ont été entrepris mais cette usine n'a jamais été fermée car elle procure des milliers d'emploi. Cette usine de cellulose est toujours soupçonnée de polluer le
lac Baïkal. L'interdiction de pêcher entre 1969 et 1977 et la création d'une réserve naturelle ont permis de reconstituer les réserves de nombreuses espèces. Mais l'écosystème de ce lac est toujours perturbé.

Un exemple... L'esturgeon a souffert au cours des vingt dernières années. La
pollution, le braconnage et les barrages, qui empêchent leur remontée pour frayer, font peser une grave menace puisque cette espèce serait passée de 142 millions à 12 millions selon la Convention des Nations unies sur le commerce international des espèces en voie d'extinction. Un coup dûr aussi pour l'économie locale quand on sait que les esturgeons de la Caspienne produisent 90 % du caviar mondial.
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